Régler les conflits entre enfants

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Antidote est une chronique de l'émission La vie devant soi
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Anne Cazaubon livre ses conseils pour apaiser les conflits entre frères et sœurs, sans recourir à la violence verbale et en gardant son calme. 

Tous les jours, on l’attend, elle et sa chronique Antidote autour du développement personnel. Et Anne Cazaubon, comme tous les mercredis, on s’intéresse  aux tout-petits.

Enfin, on s’intéresse surtout au champ de bataille qui se joue à l’arrière de votre voiture en ce moment. Le grand qui tape sur le petit, la cadette qui compte les points au milieu, et qui sur un malentendu, peut se prendre un coup de pied qui ne lui était pas destiné 

Je vous propose aujourd’hui dans Antidote de nous inspirer de ceux qui ont quelques tuyaux à nous fournir pour éviter de transformer le rôle de parent en celui de casque bleu de l’ONU, et d’ouvrir par exemple le livre "Frère et sœur sans rivalité" de Faber et Mazlish qui recèle de petites phrases à dire pour éviter toute jalousie entre vos enfants. La clé, nous disent les auteurs, c’est de raisonner en termes de besoins spécifiques des uns et des autres.

Par exemple, quand Léa hurle que son petit frère Jules est le préféré, vous pouvez dire quelque chose du genre : "Dans notre famille, nous savons bien que chaque enfant reçoit ce qu’il lui faut. Tantôt, c’est le tour de Léa, et tantôt celui de Jules, mais en fin de compte, chacun(e) reçoit ce dont il ou elle a besoin". Et si Léa ne parle que de Jules, en répétant que Jules, lui, il a le droit de faire ce qu’il veut, vous pouvez la ramener à ce qui vous intéresse : c’est-à-dire Elle !  "Nous ne sommes pas en train de parler de ton frère, son cas ne m’intéresse pas ici. Nous parlons de toi. Je veux parler de toi et de ce dont tu penses avoir besoin."

Que faire quand ils se tapent dessus ?

C’est vrai qu’au beau milieu de cette guerre des boutons, parfois, le ton monte tellement, que la colère contenue se transforme en violence physique, et là, il est bon de savoir protéger chaque membre de la violence. Ce que l’on peut rappeler à chacun, c’est que dans "notre famille, nous avons le devoir de veiller sur la sécurité de chacun. On s’entre-aide les uns les autres."

S’il y a coup et blessure, il est important de rappeler que ton frère/ta sœur doit accepter d’arrêter quand tu lui dis que tu as mal, et que le poignet pendouille et que le tibia fait un angle droit, qu’il n’est pas bête et qu’il est capable de comprendre cela. 

Ce livre "Frères et sœurs sans rivalité", rappelle aussi que le rôle du parent, c’est celui du protecteur et qu’il doit protéger chaque membre de la famille de la violence. En rappelant quelques règles, comme "On ne fait semblant de se battre que si tout le monde est d’accord. Si quelqu’un n’aime pas le chahut, alors vous devez vous arrêter. Personne n’a le droit de s’amuser aux dépens de l’autre." Vous pouvez aussi en tant qu’adulte, que parent, vous positionner et poser vos règles à la maison : "Je ne peux permettre à aucun de mes enfants d’en frapper un autre."

Il n’y a pas que la violence physique, il y a aussi la violence verbale.

Oui, comment éduquer à s’exprimer sans violence. Comment donner des clés d’expression orale à votre enfant, pour qu’il puisse dire (et on sait combien c’est important). Par exemple, "Gabriel, on ne frappe pas ! Tu peux t’adresser à ta sœur/ ton frère avec des mots en lui disant combien ça te fâche quand elle/il prend ton jouet sans te le demander".

On peut aussi aider l’enfant, lui donner des pistes d’expression, des solutions. "Je sais, Ce n’est pas facile d’avoir un petit frère/ une petite sœur qui te pousse/ t’embête. Ce que je te propose, c’est qu’on fasse une liste de choses ensemble que tu peux faire au lieu de crier ou de taper, si il/elle te dérange encore."

Enfin l’un des points essentiels à travailler apprend-on, c’est d’essayer d’éviter la comparaison et de préserver la personnalité de chacun. En rappelant, par exemple à chacun de vos enfants, qu’il est spécial pour vous. Tu es ma seule Manon. Tu es mon seul Enzo.Dans tout l’univers, il n’y en a pas d’autres comme toi. Personne n’a les mêmes pensées que toi, les mêmes sentiments, le même sourire. Que toi. Et Je suis si content(e) que tu sois ma fille/ que tu sois mon fils. A ce rythme-là, vous allez voir qu’à grand renfort de phrases de communication non-violente, la signature de l’armistice n’est peut-être plus très loin !