Qui est votre saboteur intérieur ?

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Antidote est une chronique de l'émission La vie devant soi
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Anne Cazaubon vous aide aujourd'hui à découvrir lequel de vos dix saboteurs intérieurs vous empêche de bouger dans la vie.

Aujourd’hui, vous nous aidez à arrêter l’auto-sabotage...

Oui, parce que franchement, on a parfois tendance à ne s’en prendre qu’à nous-même, vous trouvez pas ? Tranquillement assis sur une branche que l’on bichonne d’un côté et que l’on scie de l’autre ? J’aime bien cette phrase de l’écrivain irlandais Joseph O’Connor, qui répète qu'"on a toujours le choix. Et qu’on est même la somme de ses choix". Et si mes vieux restes de mathématique et d’algèbre sont encore frais (ce qui fera rire mes anciens profs, parce que vraiment, les maths n’était pas mon fort). Plus fois moins, et bah ça fait moins. Et ce "moins", il va bien falloir aller l’identifier, lui demander "vos papiers s’il vous plaît" et le laisser décliner son identité. Bref, avant d’y aller, est-ce que tout le monde a son maillot. Parce que je sens que vous êtes fin prêts pour une petite plongée. Où ça ? A l’intérieur de vous, pardi !

Je vous propose de vous cramponner à la bien-nommée "ligne de vie" (il n’y a décidément aucun hasard) et d’amorcer la descente. Bienvenue dans vos profondeur. A côté de vous, avec un petit pince-nez de plongeur, il y a Shirzad Chamine, un neuroscientifique qui s’est intéressé dans son livre "Positive Intelligence" au pourcentage de temps durant lequel votre esprit agit en tant qu'allié et non en tant qu'ennemi. Et là-bas, tout au fond de votre océan intérieur, il y a cette vieille épave, dans laquelle se tient, à l’instar des G8 et autre COP 21, le GCS-10. Le Grand Congrès des Saboteurs, qui sont donc au nombre de 10 !

Le juge, le chef de bande

Il y a d’abord, le juge. C’est un peu le chef de bande et croyez-moi, on est un paquet à composer avec lui tous les jours ! Le juge donc, qui vous répète que vous êtes beaucoup trop. Beaucoup trop quoi ? Trop ambitieux, trop sensible, trop imparfait, trop grand, trop mou, trop gros… Trop vous et ça ne lui plaît pas, tout simplement ! Puis vient le contrôlant qui vous fait répéter à l’intérieur : "Je dois tout savoir, tout anticiper, être partout", "personne ne doit me dire ce que je dois faire". Juste à côté de lui, se trouve le perfectionniste qui dit et croit connaître la meilleure manière de faire et qui bien sûr, déteste les erreurs.

Un peu à l’écart, dans un coin, on trouve l’évitant dont le maître-mot est "tayo, tayo, fuyons le conflit !", "ça va se régler tout seul". Et là-bas, qui pleurniche, vous aurez reconnu la victime qui répète en boucle à qui veut bien l’entendre que vraiment, ça n’arrive qu’à elle et que personne ne la comprend. La pauvre chérie ! Il y a aussi le sans-repos, dont le crédo est "il faut faire, faire, faire" et "je veux plus, toujours plus". Le super-performant qui hurle à l’intérieur "je dois être la meilleure", le super-vigilant, qui s’inquiète d’être sûr à 100% avant de se lancer et qui angoisse par avance au prochain pépin qui lui arrivera, le béni-oui-oui qui dit "oui" à tout le monde pour surtout être aimé. En anglais, on l’appelle le "pleaser", celui qui cherche à satisfaire tout le monde et qui s’oublie au passage : "Si je ne l’aide pas, qui le fera ?"

Et enfin, il y a l’hyper-rationnel pour lequel "tout doit être logique" et dont la peur ultime est de se laisser envahir par les émotions, qui pour lui ne sont que des distractions. Alors oui, il y a du monde dans cette épave intérieure et la première grande étape pour vraiment pouvoir bouger dans sa vie, c’est de reconnaître lequel (ou lesquels) de ces maudits saboteurs vous jette des peaux de bananes en permanence sur votre route, vous fait des croche-pattes, vous met la main devant la bouche ou vous ajuste quelques chapes de plombs supplémentaires sur les épaules.