Pour mieux communiquer avec son enfant, utilisez le "je"

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Antidote est une chronique de l'émission La vie devant soi
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Employer le "je" lors d’un conflit, va permettre de ne plus faire porter à l’autre la seule responsabilité d’un problème, explique mercredi Anne Cazaubon.

Le développement personnel cela concerne aussi les tout petits. Je vous vois d’ici, dans les embouteillages, avec à l’arrière, l’aîné qui tape sur le plus jeune, vos nerfs en vrac, et l’envie de leur hurler dessus, "mais vous êtes vraiment pénible !  Vous ne pensez pas aux autres ! Maman essaye d’écouter ce que dit la dame à la radio !"

La communication non-violente. Pas de panique."Antidote" va te parler d’un héros des temps modernes, Marshall Rosenber, un Américain décédé en 2015, docteur en psychologie, à qui l’on doit "la communication non-violente", la CNV, une communication réellement respectueuse de soi et de l’autre mais surtout une communication qui ne laisse aucune trace de main sur la joue, ou sur la fesse.

Car une nouvelle étude américaine publiée mercredi dans la revue Child Abuse and Neglect montre à nouveau que les fessées et les claques reçues par l’enfant dans l’enfance, favorisent à l’âge adulte le risque de symptômes de dépression, de problèmes avec l’alcool ou d’usage de substances .

Eviter le "tu" accusateur. L’une des bases de la CNV, c’est d’employer le "je" pour exprimer son mécontentement plutôt que le traditionnel "tu" accusateur. C’est bien connu, le "tu" tue ! Parce qu’en utilisant "Je", je vais pouvoir exprimer mes ressentis respectueusement et me montrer responsable de mes émotions plutôt que de les projeter sur plus petit que moi !

Si j’emploie le "je" lors d’un conflit, cela va me permettre de m’attribuer les choses et de ne plus faire porter à l’autre la seule responsabilité d’un problème, que ce soit dans mon couple ou vis-à-vis de mes enfants. Par exemple, si les enfants hurlent dans la voiture alors que vous cherchez à écouter ce petit moment de radio sympathique et chaleureux qu’est Antidote, vous pouvez très bien leur dire : "Je suis agacée, quand vous parlez très fort pendant ma chronique préférée", et là, vous leur parlez de leur comportement, et vous pouvez ajouter "je n’arrive pas à entendre la dame qui a l’air de dire des choses intéressantes", ce qui est un effet concret. Oui, vous pouvez exprimer vos besoins et sentiments en tant que parents et essayer dans la mesure du possible de mesurer les conséquences des actions autrement que par des punitions ou des récompenses.

Dire à son enfant que son comportement ne nous convient pas. On peut donc commencer par dire que le comportement de notre enfant ne nous convient pas.  "Ce n’est pas agréable pour moi quand tu tapes dans le siège auto alors que je conduis" ou  "Je t’aime et j’ai envie de t’aider mais cette manière de te rouler par terre quand tu n’arrives pas à faire ta structure de légo ne me convient franchement pas".

On peut ensuite poursuivre en exposant les conséquences des actes de l’enfant, sans en faire une punition, sans d’entrée de jeu, tout barricader et fermer. On peut très bien commencer par : " Quand tu fais ça avec moi, je me sens triste ou ça me fait mal au cœur ou je sens que quelque chose se ferme dans mon cœur. Du coup, je n’ai pas envie de jouer avec toi ou  je n’éprouve plus de joie à te lire une histoire". "Je t’aime ou j’aime être avec toi ou j’aime prendre soin de toi. Mais quand je remarque que tu te moques de moi, que tu fais des grimaces, la conséquence est que je n’ai plus envie de ça ou que j’éprouve moins de joie à tes côtés."

Si vous voulez aller plus loin dans la communication non-violente, tout ce qu’a écrit Marshall Rosenberg est à dévorer et notamment le livre  "Élever nos enfants avec bienveillance", paru aux éditions Jouvence. De quoi remettre un peu de douceur et d’harmonie au cœur de vos liens familiaux.