"Ne faites jamais de supposition"

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Antidote est une chronique de l'émission La vie devant soi
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Dans certaines situations, notre mental échafaude des scénarios à partir de suppositions. Mais il vaut mieux communiquer plutôt que d'imaginer ce qu'il se passe dans la tête des autres.

On poursuit notre passage en revue des quatre accords toltèques.

Namaste ! On poursuit le décryptage de ce livre incontournable de développement personnel et je rappelle que je ne touche aucun centime d’euro sur ce qu’a écrit Don Miguel Ruiz à chaque fois que je le cite. Et pourtant vu les millions d’exemplaires vendus à travers le monde, j’aimerais bien. Non, si je vous en parle, c’est parce que vraiment je trouve ces préceptes puissants et que si l’on essaye de les mettre en application, si l’on garde à l’esprit ces notions, je crois, du moins, je fais l’expérience, que la vie est plus douce, moins stressante. Alors, un peu comme les verbes irréguliers anglais, on reprend du début : "Become, became, become." Oui, je deviens qui je suis vraiment !

Troisième accord, celui du jour donc : "Ne faites aucune supposition." Alors, je vous l’accorde, on n’est pas très loin du deuxième accord. "N’en faites jamais une affaire personnelle" et "Ne faites aucune supposition", c’est assez proche, c’est vrai, et à la fois, on est sur un autre registre ! Mais vous allez voir, pas besoin d’avoir fait de hautes études ou de grandes écoles pour comprendre, ni 15 ans de thérapie. Non, l’idée est d’aller prendre soin de cet enfant de trois ans qui sommeille en chacun de nous. Le mercredi, vous le savez, on s’occupe des petits. Eh bien aujourd’hui, on va prendre soin de notre enfant intérieur qui fait les questions et les réponses. Vous savez, celui qui répète sans cesse "pourquoi ?" et qui se raconte sa petite histoire parce qu’on ne lui répond pas.

Si cette amie n’a pas déjeuné à midi, c’est qu’elle est anorexique, si cet homme est venu seul au dîner d’amis, c’est qu’il y a du divorce dans l’air avec sa femme… Ah ça c’est sûr qu’on ne manque pas d’imagination et qu’à la moindre attitude qui nous semble "étonnante", "surprenante", on va lâcher la bride à notre mental et le laisser cavaler, comme la marée montante au Mont-Saint-Michel, qui paraît-il remonte à la vitesse d’un cheval au galop. Oui plutôt que d’oser poser une question, de demander à notre ami pourquoi il a agi ainsi, de demander à ce collègue d’expliquer son attitude, on va préférer libérer le Steven Spielberg en chacun de nous, qui se tournait les pouces depuis un petit moment et qui ne demandait qu’une seule chose : vous offrir ce scénario à rebondissements sur un plateau d’argent !

Quel est le piège à échafauder ces scénarios en tout genre ?

Eh bien c’est tout bonnement que vous plongiez, et que vous vous mettiez à croire ce que vous inventez. Que vous fassiez comme une sorte d’auto-hypnose et que vous vous mettiez à vivre dans cette pseudo-réalité que vous avez mis sur pied tout seul, ce qui pourrait créer un certain nombre de malentendus dans votre vie. Alors que le plus simple aurait été, peut-être, d’interroger votre ami et de lui dire : "Ton attitude m’a étonné, est-ce que tu peux me l’expliquer ?"

Oui, ce troisième accord toltèque nous invite à ne pas imaginer, à ne pas penser à la place des autres en projetant vos idées sur les leurs. Ce qui est important, c’est de se répéter que l’on a toujours le droit de poser des questions pour éclaircir des situations et accepter des autres qu’ils expriment leurs vrais désirs. Et bien souvent, quand on apprend ce que l’autre traverse dans sa vie, notre relation change. Un seul mot d’ordre donc : celui de communiquer clairement avec les autres pour éviter tristesse, malentendus, quiproquos et psycho-drames.