Les jeux de pouvoir dans le couple

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Antidote est une chronique de l'émission La vie devant soi
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Si dans certains couples il y a des guerres ouvertes, chez d'autres, il y a des conflits en sourdine.

Comme tous les vendredis, vous nous parlez d’amour.

Namaste ! Je vous parle d’amour dans l’une de ses variations intenses, l’amour-vache ! Parce qu’au sein du couple, il y a des guerres ouvertes… Oui, on a tous dans notre entourage un couple qui s’est construit sur le conflit, et qui aime à se donner en spectacle, de préférence lors de retrouvailles entre amis, en famille, les prenant à témoin, comme arbitres (ou en otage), pour compter les points. Et puis il y a des conflits en sourdine, ce que l’on appelle les "jeux de pouvoir". Alors je vois d’ici votre œil qui s’allume. Non, rangez tout de suite les menottes en fourrure et les masques vénitiens. 

Aujourd’hui, je vous parle du rapport de force qui peut s’installer dans la relation. Oui aujourd’hui je vous parle de positionnement au sein du couple et pas de positions dans la chambre à coucher ! Oui, le rapport de force, il n’y a qu’un seul cas de figure dans lequel cela fonctionne. C’est quand les deux partenaires trouvent leur compte dans un rapport dominant/dominé consentant dans la vie quotidienne. 

Alors justement, comment éviter les jeux de pouvoir au sein du couple ?

Dans un premier temps, on va tenter d’identifier ce qui se joue. Et c’est loin d’être simple parce qu’à ce petit jeu-là, chacun avance maquillé (comme une voiture volée). Tout est toujours dissimulé, insidieux, parce qu’on a beau être "à la vie, à la mort, partner forever", il arrive forcément un moment où l’intérêt personnel prime sur celui de l’autre. Bizarrement quand il s’agit de se lever la nuit pour donner le biberon, de remplir une déclaration d’impôts ou d’aller faire le plein de courses pour la semaine. Le plan (machiavélique) consiste donc à inciter l’autre à faire cette corvée et là, tous les coups sont permis. C’est Isabelle Nazare-Aga, qui nous dit dans son livre "Les manipulateurs et l’amour", qu’il existe alors plusieurs stratégies possibles pour obtenir gain de cause.

Il y a d’abord, ce qui s’appelle "la relation d’identification" : "Chéri, j’ai vraiment mal au dos, est-ce que ça t’ennuierait de te lever pour t’occuper de notre enfant ?" Ici, on incite le partenaire à se mettre à votre place, et à se dire que si lui aussi, avait mal au dos, il se sentirait soulagé qu’on l’allège de cette tâche. Il y a aussi la séduction : "Mon amour, j’ai furieusement envie de faire une petite sieste crapuleuse avec toi mais il y a les poubelles à sortir." Bon, là, clairement, on vous enfume en faisant passer la relation sexuelle avant la demande réelle, c’est-à-dire ces poubelles de poissons qui empestent votre maison. Il y a également l’amalgame affectif : "Mon trésor des îles, toi qui es si fort, toujours prêt à me faire plaisir, est-ce que tu ne voudrais pas descendre déplacer la voiture parce que demain c’est jour pair, et qu’on va prendre une contravention (oui, je sais il neige)." Là encore, c’est le combo magique entre séduction et mise en péril de la relation affective en cas de refus ! Enfin, il y a la menace sous-entendue : "Franck, pour une fois, ce serait bien que tu te lèves pour t’occuper de ton fils qui te réclame. J’en ai ras-le-bol de tout me taper dans cette baraque !" Bon, et là, c’est clair, on s’approche lentement mais sûrement des miradors !

Alors comment agiter le drapeau blanc, et retrouver la paix : peut-être de part et d’autre commencer par accepter sa part d’ombre, la paresse, la jalousie… Ne pas confondre sa réalité avec celle de l’autre puisque l’autre est miroir, certes, mais il a sa propre réalité… Enfin, pour échanger, et pour éviter que le ton monte, il y a toujours la communication non-violente, dont le principe de base est d’assumer pleinement sa responsabilité et d’employer le je, de parler de vous, de votre ressenti (et non le "tu" accusateur).