L'émerveillement est là, juste sous nos yeux

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Antidote est une chronique de l'émission La vie devant soi
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En prenant le métro, Anne Cazaubon a assisté à une scène très poétique. La preuve que pour s'émerveiller, il suffit parfois simplement de lever la tête.

Comme chaque jour, on accueille notre Antidote, Anne Cazaubon. Bonjour Anne !

Namaste !

Alors Anne, aujourd’hui, vous nous emmenez dans le métro…

Hier soir, entre mes deux heures de yoga suspendu, ma séance quotidienne de méditation, mais surtout après l’essorage des 45 serpillières qui jonchent toujours le sol de mon appartement (oui, pour ceux qui ont loupé l’épisode précédent, je vous rappelle que se déplacer chez moi ressemble à l’épreuve des poteaux de Koh-Lanta depuis que les 100 litres de mon chauffe-eau se sont déversés sur mon parquet), pour me requinquer, j’ai décidé de me replonger dans les écrits de Belinda Cannone et de son livre "S’émerveiller".

Dans son livre, Bélinda Cannone nous dit que "s’émerveiller, c’est d’abord accéder à la disponibilité poétique au monde". L’instant poétique serait donc là, au coin de la rue, sous nos yeux, qu’il suffirait de frotter pour voir le merveilleux ! Alors, vous me connaissez Isabelle, je suis joueuse, j’aime les défis et j’ai tous mes vaccins à jour. Je suis donc allée dans l’un des endroits les plus poétiques du monde. Un havre de paix, où les êtres révèlent le meilleur d’eux-même. Le métro parisien ! Quel meilleur endroit pour "s’émerveiller du monde".

Je me suis donc mis en quête de beauté, d’instant de grâce, dans cet espace souterrain, lugubre, truffé de rats… Et Là, devant moi, sur le quai, une famille de touristes. Ils attendent, avec leurs gigantesques valises à roulettes le métro qui doit visiblement les emmener vers Roissy. Les parents et deux ados sont taillés comme des armoires à glace. Ça doit sûrement être des Scandinaves. Quand tout à coup, sans crier gare, sans même qu’on ait vu le coup venir, le père de famille attire à lui sa femme et ses deux enfants, pour faire un gigantesque "câlin familial" !

Oui, des âmes câlines, là, devant nous, sous nos yeux, dans une sorte de mêlée générale mais dans laquelle on distribuerait de l’amour plutôt que des pains ! Belinda Cannone avait donc raison quand elle dit que l’émerveillement n’est jamais ce qu’on cherche "mais ce qui survient". Oui l’émerveillement, c’est un peu comme cet incruste à une soirée. Mais une incruste, qui serait une bonne surprise. Une incruste qui saurait mixer, ou qui viendrait avec une bouteille de champagne !

Et alors, sur le quai de métro, qu’est-ce qu’il s’est passé ensuite ?

Bizarrement, à ce moment-là, il y a eu comme un silence dans la station. Chacun a relevé la tête de son smartphone et notre petite famille est devenue le centre de l’attention et donc, des projections ! Ah bah oui forcément, quand on assiste à une telle scène, cela peut nous renvoyer à ce qui nous a manqué dans nos vies, ce qui n’est pas là, ce dont on rêve mais que l’on a pas. On peut se dire : "Oh ils ont de la chance ! Dans ma famille, tu peux te brosser, Martine, pour un câlin !" Mais on peut aussi se dire, que c’est possible, la preuve, puisque ça leur arrive. Alors oui, comme le dit Belinda Cannone, "s’émerveiller, c’est d’abord saisir la présence des choses et des êtres" et parfois, souvent, toujours, c’est là, juste à côté de nous !