Le présent sur le dancefloor, le passé et le futur recalés

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
Antidote est une chronique de l'émission La vie devant soi
Partagez sur :

La meilleure façon de faire face à une crise d'angoisse est de rester dans le moment présent car le passé et le futur sont sources d'angoisses.

Anne Cazaubon, aujourd’hui, vous vous occupez de nous (parce que vous avez le cœur sur la main) et vous vous occupez tout particulièrement de nos crises d’angoisse !

Oui, je m’intéresse à vos vertiges, à vos palpitations, j’éponge vos sueurs froides parce que je ne connais que trop bien ces états-là, croyez-moi ! Votre corps tremble de partout, vous avez le souffle coupé, vous suffoquez presque. Certains ont même une boule dans la gorge qui se forme. D’autres sont gênés au thorax, ont une douleur dans la poitrine, la nausée, des vertiges, la peur de perdre le contrôle, de devenir fou… Pour certains, la crise d’angoisse, c’est le lot quasi-quotidien. Alors pour vous aider à traverser ce moment pas très agréable, l’idée c’est d’abord de revenir dans le moment présent. Parce que la crise d’angoisse, c’est avant tout un conflit intérieur entre le passé et le futur. Et dans cette équation-là, vous l’entendez, ne figure pas le mot "présent". Vous connaissez peut-être d’ailleurs ce proverbe arabe qui nous rappelle que "Ce qui est passé a fui; ce que tu espères est absent; mais que le présent est à toi".

Alors on me dit dans l’oreillette qu’il faudrait que cette chronique soit un peu plus concrète, un peu plus terre-à-terre. Alors c’est bien simple : le moment présent, c’est un peu comme une grosse boîte de nuit. Tout ce qui appartient à votre présent s’éclate sur la piste de danse. En revanche, dehors, je peux vous dire qu’un paquet de monde se fait refouler à l’entrée de cet endroit tellement dans l’air du temps qu’est le "Moment présent". Si, si, regardez bien. Sont en train de se geler dehors, dans la file : le regret, le remord et le sentiment de culpabilité, qui ne tardent pas à être rejoints pas la déprime et le tourment. Sont en train de tourner également dans le quartier à la recherche d’une place de parking la "team futur" qui a sorti ses plus beaux escarpins, j’ai nommé l’angoisse, l’anxiété, le stress et la peur. Bref, croyez-moi, c’est peine perdue pour tout ce joli petit monde qui espèrent se taper l’incruste sur le dancefloor avec un seau de vodka tonic. Parce que pour votre sérénité, et votre paix intérieure, la direction de l’établissement ne peut laisser entrer personne d’autre que ceux qui font partie de la #teamMomentprésent !

Et une fois qu’on a bien intégré cela, qu’est-ce qu’on peut faire ? Est-ce que vous avez des petits trucs à nous donner ?

Oui, dans ces moments où le cœur s’emballe, où vous ne retrouvez pas votre souffle, l’important c’est de se rappeler que dans le moment présent : il n’y a ni passé, ni futur. Qu’il y a vous, ici et maintenant et votre respiration. Et le petit truc pour calmer sa respiration, vous savez, c’est d’inspirer sur deux temps par exemple et de multiplier par deux votre temps d’expiration. D’expirer sur quatre puis d’inspirer sur trois temps, et d’expirer sur six. Inspirer sur quatre temps et expirer sur huit. Votre rythme va ralentir, se calmer et en vous concentrant sur votre respiration, vous allez redescendre tranquillement. Ensuite, je vous invite à regarder tout autour de vous, à observer votre environnement et à trouver cinq choses ou objets que vous pouvez voir, quatre choses que vous pouvez toucher, trois que vous pouvez entendre, deux que vous pouvez sentir et une que vous pouvez goûter. Je vous l’accorde, ce n’est pas le concours d’entrée à Polytechnique, mais on est pas là pour faire du zèle. On est là, pour que cette fichue crise d’angoisse s’en aille. Je vous rappelle qu’il y a quelques minutes, vous étiez à deux doigts d’agoniser alors je répète :
Cinq objets que l’on peut voir.
Quatre que l’on peut toucher.
Trois que l’on peut entendre.
Deux que l’on peut sentir. 
Et un que l’on peut goûter.

Après cela, croyez-moi, vous êtes à nouveau dans le réel, dans le concret, dans votre corps et dans la matière !

Les chroniques des jours précédents
Voir toutes les chroniques