La touchante candeur d’un petit garçon de 3 ans

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Antidote est une chronique de l'émission La vie devant soi
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Anne Cazaubon dit avoir été touchée par la joie de vivre et la candeur d’un petit garçon de 3 ans, un matin dans un bus. 

Namaste ! Je voudrais vous parler de ma petite joie du jour : vous parler de ce petit garçon de 3 ans, visiblement au taquet ce matin dans le bus. Vous parler de ce petit bonhomme qui pendant une bonne vingtaine de minutes a gazouillé un "zoyeux anniversaire" à son papa, pour le coup, lui, un peu gêné, créant ainsi un deuxième effet kisscool : dessiner un joli sourire sur chacun des passagers du bus légèrement endormis dans leur smartphone. On a même frôlé l’hilarité générale à chaque fois qu’il reprenait de plus belle après une courte pause pendant laquelle il sifflait son biberon! Ça m’a tellement mise en joie que je me suis dit que j’allais m’aligner sur ses horaires de bus tous les matins pour entendre l’intégrale de la compile !

C’est inspirant de l’entendre pousser la chansonnette, sans, encore à son âge, la peur du ridicule, du "je ne peux pas, je chante très faux", sans aucune peur du "qu’en dira-t-on ?" C’est émouvant d’entendre et d’observer un petit Etre dans la pleine expression de ce qu’il est, et dont la pensée/ la parole/ et l’action/ sont alignées. Un être en pleine cohérence. Pas d’esprit tordu, biaisé, bridé, par une éducation, par le jugement, par le regard que l’on pose sur soi, celui que la société pose sur nous. Chez l’enfant, c’est plus simple. Il n’est pas encore conditionné. A l’âge adulte, c’est plus rare de rencontrer des êtres cohérents ou qui vous amène à vous rappeler comment être un peu plus cohérent avec vous-même. C’est rare mais ça existe !

Au bureau par exemple, il y a ce collègue. Appelons-le Monsieur X, pour ne pas le faire rougir. Le soir, quand il met les voiles, (à une heure déjà bien avancée, pas loin du journal de 20h), il reste souvent quelques survivants de l’Open Space qui tapent comme des forcenés sur leurs claviers. (Bon, parfois, j’avoue, j’en fais partie). Et bien plutôt que de nous lancer un "Bon courage !" avec une moue pleine de pitié, tous les soirs, il lance un joyeux et bienveillant : "Rentrez chez vous" !

A chaque fois que j’entends ce "rentrez chez vous !", cela m’invite d’abord à regarder l’heure qu’il est, à m’interroger sur mes priorités, sur la manière dont je gère mon temps de travail à rééquilibrer mon ratio temps professionnel/ temps personnel. Ça m’interroge sur le sens que j’y donne et est-ce que cela a toujours autant de sens lorsque cela rogne sur le temps personnel ?

Et qu’est-ce qu’il dit Monsieur X juste après "rentrez chez vous" ?

Et bien il enchaîne avec un "Pensez à la planète, éteignez les lumières en partant" (parce qu’il faut dire ce qui est, surtout en entreprise, dans des grandes boîtes, c’est facile de se déresponsabiliser, voire de se laisser infantiliser. On pense toujours que quelqu’un fera les choses pour nous que quelqu’un passera APRES nous, pour ranger, débarrasser, nettoyer…) Là-dessus, il disparaît au loin, sur son fidèle destrier, un vélo.

Je ne sais pas vous, mais moi je trouve ça inspirant les gens cohérents ou qui essayent de l’être en tout cas. C‘est vrai que c’est sans doute la chose la plus difficile au monde. Essayer d’appliquer le "Faites ce que je dis et donc ce que je fais !" Oui pas simple ! Parce que l’un des pires sentiments au monde, c’est quand même de se voir agir contre nos valeurs profondes se voir écraser un mégot sur la plage alors qu’on trie nos déchets à la maison. La cohérence, c’est tracer une ligne droite entre nos pensées, nos valeurs, nos paroles et nos actions. Et au fond, la cohérence, c’est signer un pacte d’honnêteté avec soi-même.