La règle des 5 pour apprendre à relativiser

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Antidote est une chronique de l'émission La vie devant soi
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Anne Cazaubon s'impose une règle efficace pour prendre du recul sur tous ses petits tracas du quotidien.  

Bonjour Anne !

Namaste ! 

Alors Anne, vous êtes notre "personal développeuse" à nous. Mais dites-nous, comment arrivez-vous à être si zen au quotidien ?

Ce n’est pas aussi simple que ça en a l’air. Moi aussi, j’ai mon lot de tracas, de petites tuiles et de grosses contrariétés du quotidien. Alors Namaste, Namaste… Il y a des jours, croyez-moi où il est moins facile d’avoir les chakras alignés que d’autres. Oui parfois, on a beau respirer, on a beau méditer, il est difficile de relativiser dans des situations que nous envoie la vie. Des situations parfois livrées sur un plateau d’argent, avec un serveur en costume trois pièces qui vous approche, et soulève la cloche à votre niveau, pour vous laisser découvrir un plat complètement cramé/carbonisé qu’il vous est proposé de goûter et d’expérimenter. Et puis parfois, l’expérience vous est tout bonnement balancée en pleine figure, sans crier gare, tel le reflux gastrique d’un nourrisson de deux mois sur votre jolie robe en soie. 

Oui, ma journée a commencé de manière un peu musclée, je dirais. Car il y a mieux que de se faire réveiller par la sonnette de sa porte d’entrée, tôt le matin. Il y a surtout, moins violent comme "premier son à entendre" en sortant des bras de Morphée. Oui, il y a mieux que sortir de sa chambre et réaliser que son appartement baigne dans cinq centimètres d’eau et que votre vieux chauffe-eau vient de rendre l’âme. Il y a évidemment mieux que de trouver derrière la porte, la charmante voisine de l’étage du dessous, fraîchement rentrée de vacances, furieuse d’avoir découvert une réplique des "Chutes du Niagara" dans sa chambre ! Enfin, pour la sérénité de tous, (et pour la paix dans le monde), il y a définitivement mieux, que de se faire raccrocher au nez par une dizaine de plombiers, après 20 minutes de Vivaldi en attente.

Dans ces cas-là, je pense à cet enseignement que j’ai reçu. A cette petite phrase qui a sauvé la vie de mon smartphone à plusieurs reprises et lui a empêché de faire le saut de l’ange depuis mon sixième étage. Une petite phrase qui dit : "All I need is five minutes." Oui, "All I need is five minutes" comme disent les Américains, dans leur pays et dans leur langue. Et ce qui veut dire en bon français de France :  "Je n’ai besoin que de 5 minutes."

Cinq minutes pour quoi faire ?

Et bien, j’appelle cela "la règle des 5". Ce qui n’aura pas d’importance dans cinq ans, ce que vous aurez oublié dans cinq ans, ce qui n’aura aucune incidence dans votre vie dans cinq ans, n’y passez pas plus de cinq minutes ! Pas plus de cinq minutes à ruminer, à ressasser, à broyer du noir… Mais ces cinq minutes de colère, de découragement, de désespoir, vivez-les à fond. Enclenchez le chronomètre et lâchez-vous. Mordez un coussin, tapez du pied, sortez tous les jurons de la planète, ou alors, tout simplement, donnez de la voix ! Pendant cinq minutes, plaignez-vous, racontez votre mésaventure, appelez un proche pour lui raconter que vous n’en pouvez plus. Oui, bon, pour ma part, c’est la vaisselle héritée de ma grand-mère qui en a fait les frais mais je peux vous dire que maintenant, ça va mieux !

Cinq minutes donc, mais après, on arrête hein ?! Après, c’est fini d’accord ? On referme le chapitre, et on se dit que ce chauffe-eau, dans cinq ans, on ne le verra peut-être plus parce qu’on aura déménagé. Alors, vous allez voir qu’avec la règle des 5, votre vie va changer et vous allez apprendre à RE-LA-TI-VI-SER !