"La personne à laquelle vous parlez tout au long de la journée, c’est vous-même !"

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Antidote est une chronique de l'émission La vie devant soi
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La personne avec qui vous parlez le plus tout au long de la journée, c'est vous. Alors réfléchissez un peu avant de vous envoyer les pires horreurs en pleine figure.

Anne, aujourd’hui, dans votre chronique Antidote, on va apprendre à tenir notre langue !

Oui, vous le savez, Antidote, c’est l’occasion de prendre un peu de hauteur et de distance par rapport à ce que nous vivons. Mais c’est surtout l’occasion de mettre toujours plus de conscience dans nos mots, dans nos paroles, dans ce que l’on écrit aussi. Parce que la personne avec laquelle vous passez le plus clair de votre temps, la personne à laquelle vous parlez tout au long de la journée, ce n’est ni votre conjoint, ni vos enfants, ni votre patron, ni votre chat. Non, la personne à laquelle vous parlez tout au long de la journée, c’est vous-même ! Si, si, c’est avec vous que vous allez échanger le plus de phrases intérieures toute la journée, c’est avec vous que vous allez vous entretenir le plus aujourd’hui. Alors autant soigner notre langage, les mots que nous employons et l’intention que nous mettons dans nos propos !

Quand le ton monte entre soi et soi-même. Ça me fait penser à cet homme, l’autre jour, au cinéma, qui s’assied devant moi puis qui se met à s’agiter, à fouiller, à remuer des sacs plastique, à vider ses poches de manteau tout en rouspétant : "Oh mais c’est pas vrai. Mais qu’est-ce que j’en ai fait ? Oh mais quel idiot !" Et puis le ton est monté. Mais tout seul, entre lui et lui-même ! Avec ça, on n’a plus besoin d’ennemi. Non, on sait maintenant où il est. Juste là, à l’intérieur de nous ! Il y a même fort à parier que cet homme ne supporterait pas qu’on le traite ainsi, dans un embouteillage, dans la rue, au bureau… Il ne tolérerait certainement pas qu’on puisse lui adresser la parole de cette manière. Mais là, tout seul, comme un grand, il se traite plus bas que terre !

"C'est de mon amie dont tu parles comme ça !". Sex and the City est la série qui a réveillé et libéré les femmes (et leurs corps) au début des années 2000. Je me souviens particulièrement de l’un des épisodes, dans lequel une jeune femme, Miranda, se dépréciait et se traitait de tous les noms, en se disant qu’elle était nulle, qu’elle ne méritait pas le bonheur, qu’elle se demandait qui allait bien pouvoir vouloir d’elle… A ce moment-là, comme pour la stopper dans son élan d’auto-destruction, de sabordage en bonne et due forme, l’héroïne Carrie Bradshaw lui coupe le sifflet en lui disant : "Hey, c’est de mon amie dont tu parles comme ça !"

S'accepter tel que l'on est. Alors oui, elle est là, l’invitation, à être son meilleur ami. A être avec soi-même, ce grand frère qui vient jouer les gros bras dans la cour de récré pour défendre sa petite sœur face à la bande de caïds de CE2. L’invitation à s’accueillir, à s’accepter tel que l’on est, et à se défendre becs et ongles contre nos parts d’ombre qui resurgissent, comme on défendrait l’envie de faire les Beaux-Arts devant des parents médecins, ou comme on défendrait son amoureux devant la bande de copines jalouses.

Alors plutôt que de vous entendre vous dire les pires horreurs, plutôt que de vous traiter de tous les noms, je vous invite à mettre un peu plus de conscience sur la manière dont vous parlez de vous, sur la manière dont vous vous présentez aux autres, et donc, au monde, à quel endroit vous vous dépréciez. L’antidote du jour, que je vous propose, c’est de glisser quelques gouttes de conscience dans vos oreilles, et sans suffisance, de vous écouter parler !