Faire la pluie et le beau temps

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Antidote est une chronique de l'émission La vie devant soi
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S'il pleut dehors, faites le beau temps dans votre tête pour éviter de broyer du noir.

Aujourd’hui, vous nous parlez du temps qu’il fait…

Oui, oh ca va, moi aussi je suis un être humain, j’ai le droit de parler de la pluie et du beau temps. Ça fait un mois qu’il pleut sans s’arrêter. Vous allez me dire que ça y est ? Ce sont les premiers symptômes de la sortie de route annoncée d’une relation ? Qu’on n’a plus rien à se dire vous et moi pour s’abaisser à des futilités devant la machine à café ? Des "il y en a marre de la pluie", et autres "j’aime le risque, je suis sortie sans parapluie" ? Qu’on en est là, dans notre relation, chers auditeurs ? Que c’est ça maintenant, on va avoir cette petite discussion gênée dans l’ascenseur, se parler des petits riens du quotidien, comme deux collègues qui auraient dérapé le soir du départ en retraite du chef de service avec trop de bière tiède et frelatée et qui le lendemain n’assumeraient plus ? Eh bien détrompez-vous, parce qu’en développement personnel, plutôt que de parler de la pluie et du beau temps, on fait la pluie et le beau temps. Nuance !

Je vous parle depuis le début de l’année de tous ces auteurs de développement personnel, les Boris Cyrulnik, les Christophe André, les 4 accords toltèques… Mais avec tout ça, on a failli passer à côté de Sacha Distel, qui sous ses airs de crooner, est un peu comme Monsieur Jourdain qui fait de la prose sans le savoir. Oui, Sacha Distel fait du développement personnel incognito ! Par exemple, dans le début de la chanson "Toute la pluie tombe sur moi" de Sacha Distel, on est dans une vision apocalyptique de la réalité. Il fait moche, donc je vais mal et je remballe mon brushing. Aucun lien de cause à effet fondamentalement, si ce n’est broyer du noir un peu plus. Ma vie n’est pas celle dont je rêvais puisque je suis à l’étroit dans ces chaussures, nous dit-on. Mais le pire, c’est que ça ne va pas aller en s’arrangeant.

Ensuite, on frôle la paranoïa puisqu’on en veut à tout le monde. C’est bien connu, quand je vais mal, c’est forcément la faute des autres, de Dieu, de mes aïeux… Sauf que dans "moi contre mon patron", "moi contre mon conjoint", "moi contre mes enfants", "moi contre mes parents", le dénominateur commun, c’est ? Vous voyez quand vous voulez ! Je sens que vous êtes sur la bonne piste, pour prendre la pleine responsabilité de vos actes et du regard que vous posez sur votre vie. Pour finir, plutôt que de vous échanger un petit coin de paradis contre un coin de parapluie, je vous laisserai avec cette phrase célèbre de Sénèque (le philosophe, hein, pas le handballeur) : "La vie, ce n’est pas d’attendre que les orages passent. Non, la vie, c’est d’apprendre comment danser sous la pluie."