Écrire pour guérir

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Antidote est une chronique de l'émission La vie devant soi
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L’écriture, pour soi, pour être lu ou pour être publié, peut permettre de se remettre d’un traumatisme. 

Namaste ! Aujourd’hui, je voudrais vous parler de l’écriture. On sait que c’est un formidable outil de résilience pour mettre à distance ce qui nous a heurté, des paroles qui nous ont blessées, des événements qui nous ont traumatisés. Les écrire dans un carnet, les reformuler, avant de les coucher sur le papier peut nous aider à nous réapproprier notre vie tout en mettant à distance les évènements qui nous polluent.

Pour être au clair avec l’idée d’écrire, il peut être intéressant de se demander pourquoi on écrit, d’être honnête avec soi. Parce qu’il y a trois raisons pour lesquelles on prend la plume ou le clavier : On écrit pour soi, on écrit pour être lu ou on écrit pour être publié ! 

JK Rowling, elle, a toujours rêvé d’être publiée. Vous savez c’est la maman de Harry Potter dont le chemin de réalisation personnelle est hautement inspirant.

J’avoue, je n’ai lu aucun de ses romans d’apprenti sorcier. Pas trop mon truc. En revanche, je voue une admiration sans faille à cette femme qui a su transmuter une grave dépression en écriture (et dont le roman à ce sujet paraît demain ça s’appelle "La meilleure des vies" publié chez Grasset) Parce que derrière 7 tomes, traduits en 67 langues, et écoulés à plus de 450 millions d'exemplaires dans le monde, se cache une romancière britannique qui a connu l’enfer du doute de l’écrivain et surtout, surtout, de multiples refus de maisons d’édition.

"Ce n'est pas parce que vous ne trouvez pas de public que votre travail n'a pas de valeur". Régulièrement, sur Twitter, elle partage son démarrage chaotique et raconte qu’au tout début, lorsqu’elle a reçu sa première lettre de refus, elle l’a accrochée au mur de sa cuisine parce que, dit-elle, ça lui faisait un point commun avec tous ses écrivains préférés, d’avoir été refusée. Et que plutôt que de la décourager, cette lettre avait eu le mérite de la motiver ! Du coup, elle s’était lancée à l’époque un drôle de défi. En se disant qu’elle n’allait pas abandonner l’écriture tant qu’elle n’aurait pas reçu une lettre de refus de la part de chaque éditeur même si elle redoutait que finalement, cela arrive.

Elle raconte également sur le réseau social, qu’à l’époque, jeune mère célibataire, obligée de venir écrire dans un pub crasseux, à la moquette qui colle et à l’odeur de "fish and chips" parce que sa chambre de bonne n’était pas chauffée, elle aurait adoré que quelqu’un rentre en coup de vent, se plante devant sa table au pied de laquelle dormait dans un couffin son enfant, et lui dise : "Hey, Ce n'est pas parce que vous ne trouvez pas de public que votre travail n'a pas de valeur".

En développement personnel, j’aime bien cette phrase qui nous invite à être l’adulte, dont on aurait eu besoin, plus jeune, à soutenir, celui ou celle que nous avons été. C’est la classe des gens qui arrivent à se réaliser pleinement et qui n’oublient pas d’où ils viennent, ni le chemin parcouru et les années de frustration et de patience qu’il aura fallu traverser pour y arriver, et les petites phrases, les leçons de la vie qui les y aura aidées.

JK Rowling est de cette trempe-là. A nouveau, l’auteur de la saga du petit sorcier vient de faire des émules sur twitter. Un jeune homme a twitté "j’aimerais écrire comme JK Rowling ou Stephen King mais c’est trop dur pour moi, je suis démotivé. Je ne finirai jamais mon livre".  On imagine aisément que JK Rowling, en pleine promo de son nouveau livre, n’ait pas une seule seconde à accorder à des "bouteilles à la mer" lancées par des écrivains en herbe sur twitter. Et bien pas du tout. C’était sans compter sur l’élégance de cette femme, qui lui a donc répondu dans un tweet : “N’écris pas comme moi. Ecris à ta sauce. Personne d’autre que toi ne peut le faire. Finis ce livre !” 

Parce que, et c’est là un des autres enseignements de JK Rowling. "Toujours finaliser ses projets même si personne ne vous lit". "Il y a tant de fois, au début des années 90 où j'aurais eu besoin que quelqu'un me dise ça. C'est un très bon conseil pour de nombreuses raisons." Vous êtes en train de travailler sur quelque chose et vous pensez "Personne ne va le regarder, le lire, ou l’écouter". Finissez-le quand même. Et vous ? Où en êtes-vous de ce roman ? De cette histoire commencée il y a des années ? Et si enfin, vous commenciez à finir ?