"Derrière chacune de vos peurs se cache une opportunité de grandir"

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Antidote est une chronique de l'émission La vie devant soi
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La peur nous empêche de faire beaucoup de choses. Mais pour l'affronter, il faut d'abord être capable de l'identifier.

Voici l’Antidote d’Anne Cazaubon !

Namaste ! Aujourd’hui, je voudrais vous parler d’une sacrée peste. Elle nous colle aux basques comme un vieux chewing-gum dont on n’arriverait pas à se détacher, comme une petite sœur qui voudrait faire tout comme nous, mais qui du coup, nous ralentit. Mais si ce n’était que ça… Non, elle est aussi capable de nous empêcher de dormir la nuit, de nous emmener dans des endroits sombres et angoissants, et de nous y laisser, en nous bâillonnant, pour éviter que l’on puisse appeler au secours. Elle peut même nous faire passer totalement à côté de nos vies, parce que nous le voulons bien, parce que nous ne pourrons jamais le dire à voix haute, parce que nous n’oserons jamais la désigner pour responsable. Vous l’avez reconnue ?

Oui, si on n’y prend pas garde, si on n’y prête pas attention, si on ne regarde pas les choses en face, comme notre smartphone, la peur va nous bouffer la vie ! À tel point, qu’à 80 ans, comme on est un peu lâche au fond, on incriminera les enfants qui nous auront pris tout notre temps, le boulot parce qu’il était vraiment prenant, l’éducation parce que changer de voie, on n’a jamais fait ça dans la famille… Même Emmanuel Macron, en prendra pour son grade. Sans compter la paperasse administrative qui clôturera en beauté votre argumentaire lors de cet apéro entre amis, dans lequel vous justifierez que cela fait 20 ans que vous êtes au même poste, que ce n’est pas le job de votre vie, certes, mais que bon, ça vous va comme ça, ça paye les traites. Vous le direz vite avant de colmater les brèches de votre ego ou de votre nature profonde, avec des Curly mous et de la bière tiède.

C’est vrai que la peur nous empêche de faire beaucoup de choses…

C’est même un obstacle majeur à notre croissance et que pour avancer, il va nous falloir l’affronter. La première chose donc, c’est de l’identifier, de la reconnaître. Elle peut se loger dans un mal de ventre, dans une impossibilité de bouger, comme si on était paralysé et nous faire refuser toute invitation sociale, amoureuse. Ensuite on peut se demander si c’est une peur rationnelle ou irrationnelle ? Est-ce que véritablement je suis en situation de danger, en plein cyclone, au beau milieu d’un incendie ? Auquel cas, ma peur est rationnelle. Ou est-ce que je vis de la peur irrationnelle, vous savez celle qui naît d’une situation ou d’une chose qui en réalité ne peut pas nous causer de mal, comme par exemple, la peur du noir. L’obscurité ne peut pas nous faire de mal, fondamentalement. Mais elle peut nous plonger dans une angoisse profonde !

Plus on va pouvoir identifier le type de peur qui nous paralyse, plus on va pouvoir trouver une solution pour faire face à ce qui nous envahit. Parce que, et s’il n’y avait qu’une seule chose à retenir de cette chronique brillante, c’est que derrière chaque peur se cache un besoin, qui visiblement a besoin d’être exprimé ! Par exemple, j’ai peur d’étouffer, d’être pris au piège, de ne pas pouvoir m’éclipser quand je veux. Je peux écouter ce besoin et m’installer proche de la porte, près de la sortie. Je peux me préparer. Si vous savez, si vous sentez, si vous suspectez que vous serez prochainement dans une situation qui pourrait vous faire peur (conduire sous la pluie, marcher seul sur une allée forestière, faire une présentation à l’oral devant la moitié de votre société), vous pouvez déjà faire un pas vers l’expression de votre besoin profond en vous mettant à l’abri, en vous protégeant. La bonne nouvelle, c’est que derrière chacune de vos peurs se cache une opportunité de grandir. C’est d’ailleurs en "traversant nos peurs" que l’on va pouvoir accéder à une meilleure version de nous-même.