Dans la vie comme au yoga, quittez une posture si elle est trop douloureuse

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Antidote est une chronique de l'émission La vie devant soi
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Au yoga, il ne faut surtout pas forcer si une posture s'avère être trop douloureuse. Mais il convient de s'appliquer cette consigne dans la vie également.

Aujourd’hui Anne, c’est l’un de vos cours de yoga qui vous a inspiré.

C’est là mon antidote pour toujours m’assouplir un peu plus parce que c’est vrai qu’il faut parfois beaucoup de souplesse dans la vie, au travail, pour s’adapter à chaque situation qui se présente, aux être avec lesquels il nous est donné d’évoluer, les épreuves que nous envoie la vie, la manière dont on y répond, dont on se laisse atteindre… Régulièrement, donc, je vais sculpter ce corps de déesse, sur un tapis de yoga. Oui, chaque semaine, j’enchaîne les asanas, les méditations et les postures du scorpion. Alors, pour ceux qui ne connaissent rien au yoga, je vous invite à taper dans Google "scorpion yoga" et à cesser de dire que le yoga, c’est du stretching ! Je prends aussi tout le respect, la considération et l’admiration qui va avec !

En pleine posture du scorpion donc, alors que vous découvrez l’existence de certains muscles dans des endroits inavouables, que vous tentez vaguement de décoller un pied de ce fichu tapis, d’inverser la loi de la gravité, de tenter un truc pour essayer de ressembler à la fille sur le tapis, là devant moi, qui me nargue avec sa colonne vertébrale élastique, ses abdos en béton armé et son scorpion impeccable, pointe de pied en brassière-legging, c’est à ce moment-là donc que la prof de yoga, est venue à ma rescousse avec la classe et le raffinement qui la caractérisent. C’est-à-dire que plutôt que de dire "pour la petite brune qui craque littéralement au fond, j’ai un cours de débutant le mercredi", tout en restant concentrée sur ce qu’elle faisait, de sa voix suave, elle a lancé : "Surtout écoutez votre corps et remerciez-le de vous amener là où il vous amène. Ecoutez-vous et surtout ne forcez pas. Si la posture est 'source de souffrance', si c’est douloureux, n’hésitez pas à la quitter."

Apprendre à écouter son corps. J’étais estomaquée ! D’abord, je dois reconnaître qu’à l’inverse d’autres pratiques, le yoga est l’un des rares champs dans lequel aucun coach ou prof ne vient vous hurler "allez, allez, on lâche rien" façon commando parce que justement, vous n’êtes pas infantilisés, vous êtes responsabilisés, nuance ! L’idée est que vous appreniez à écouter votre corps, pour entendre ce qu’il a à vous dire, d’apprendre à sentir, plutôt que de tenter "le passage en force", ou de tenir, tenir jusqu’à vous en froisser les muscles !

Mais la prof, ne s’est pas arrêtée là : "Vraiment, si c’est douloureux, ne vous jugez pas et acceptez ce qui est, et ce que votre corps peut faire aujourd’hui. Si c’est trop douloureux, quittez la posture, un peu comme dans la vie !" Alors là, je dois dire que la phrase a fait l’effet d’une bombe. D’abord, je me suis demandée quelle posture j’adoptais dans ma vie. Mais surtout, est-ce que quand c’est douloureux, on ose s’extraire de la situation ou "quitter cette fameuse posture" ?

Est-ce que vous êtes conscient que cette posture de bouc-émissaire au sein de votre groupe de collègues vous fait un mal fou ? Êtes-vous conscient que celle du "fils parfait" ou du "gendre idéal", qui reçoit ses parents ou beaux-parents à déjeuner tous les dimanches, fêtes comprises, est en fait une jolie prison dorée. Que celle de la fille gentille qui n’ose jamais l’ouvrir est un traquenard sans nom ? Et vous, à quel endroit dans votre vie, vous autorisez-vous à quitter une posture douloureuse ? Parce qu’on a beau maîtriser à merveille le grand écart dans nos vies, ne jamais oublier que s’éloigner de quelque chose, quelqu’un, ou d’une situation qui n’est pas saine, est un formidable acte de courage !