Croire en ses rêves

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Antidote est une chronique de l'émission La vie devant soi
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Lorsqu'on a un rêve, il ne faut jamais baisser les bras face aux obstacles. La récompense n'en sera que plus savoureuse.

Anne, vous êtes sortie ce week-end…

Oui, ne me jugez pas Isabelle, j’ai parfois la faiblesse de traîner ce corps de rêve dans des lieux de perdition. Au risque de vous décevoir, je ne passe pas ma vie en ashram, en retraite silencieuse, en position du lotus… Quoique, j’ai longtemps cru que dans ces endroits-là, au moins, on arrêtait de souffrir, que les gens y avaient le cœur grand ouvert (eux, au moins). Mais c’était avant de réaliser que là aussi, c’était peuplé d’humains, aussi tourmentés que moi, et que ma mission (si je l’acceptais) sur cette terre, était donc de composer avec tous ces êtres, mes semblables et trouver la paix en moi, quelque part, bien planquée, dans un recoin poussiéreux. Vaste chantier… Alors oui, de temps en temps, le soir pour me frotter à la vie avec un grand V, ("enfin surtout un grand vin"), je sors pour aller écouter du beau, de la musique, pour soigner mon âme.

Là, sur cette petite scène, devant moi, se joue une magnifique leçon de développement personnel. Au beau milieu de grandes tablées venues fêter des anniversaires, des pots de départ, des réunions entre collègues, il y a cette jeune femme, originaire de Bristol au Royaume-Uni, la bien nommée Lady Nade. Parce que croyez-moi, pour jouer dans une telle ambiance, avec un tel niveau sonore dans la salle, pour (a priori), seulement le premier rang, on ne peut être qu’une Lady !  Parce qu’à sa place, on aurait été plus d’un à lâcher la guitare au bout de quelques morceaux en disant : "Ciao les nazes." Mais je vous jure qu’il fallait voir cette chanteuse, s’accrocher à son rêve, à ses notes, à ses mots… Elle tentait de se faire entendre dans ce brouhaha, de faire entendre sa voix, unique, même à côté du type bourré qui est venu beugler quelques phrases de Johnny qui n’avaient absolument aucun rapport avec le schmilblick. C’est bien simple, là, devant mes yeux, j’ai eu l’impression d’une magnifique illustration d’une citation inspirante, qui dirait quelque chose comme : "Rester positif dans une situation négative, ça n’est pas de la naïveté, ça s’appelle simplement 'le leadership'". Oui, définitivement, elle gagnait cette femme-là ! Chanson après chanson, elle gagnait, notre attention et notre adhésion !

Un métier pour se réparer. Un jour, on m’avait dit que notre âme choisissait de travailler dans le domaine, dans le secteur, dans lequel on avait besoin d’être, pour évoluer, que par exemple, plus que tous les autres, une danseuse avait besoin de danser, de mettre son corps en mouvement, plus qu’ailleurs, un médecin, avait besoin de prendre soin de lui, que l’on tentait de se réparer dans nos métiers et que l’on choisissait donc quelque chose qui nous nourrissait de l’intérieur. Que plus que tout au monde, quelqu’un qui parlait ou chantait dans un micro, se soignait donc par là (et je sais de quoi je parle, on est même un paquet dans cette maison à tenter de se faire entendre). Je ne peux donc qu'être pleine de compassion et d’empathie pour cette jeune femme qui tente là, de s’exprimer par son art.

Alors pour tous ceux qui s’égosillent dans leur vie pour se faire entendre, pour ces porteurs de "nouvelles pensées" qui peinent encore à se frayer un chemin dans les médias, ou auprès de nos dirigeants ou gouvernement, pour tous ceux qui alertent en hurlant dans des porte-voix, pour ces musiciens de rue, devant lesquels on passe en coup de vent sans arriver à s’émerveiller, je vous propose de gommer ce brouhaha et de réécrire l’histoire de ce concert. Elle s’appelle Lady Nade, son album "Hard to Forget". Et à ne pas lâcher son rêve, un jour ou l’autre, (parce que tout ceci n’est qu’une question de temps et de patience) elle finira sur les plus grandes scènes !