Comment vivre l'amour conscient ?

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Antidote est une chronique de l'émission La vie devant soi
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Anne Cazaubon nous explique comment éviter de reproduire sans cesse le même scénario lors de nos relations amoureuses.

Le vendredi, on parle d'amour. D’amour, oui mais d’amour conscient. Pas d’amour bourré. Oui, ne faites pas cette tête-là, le kamasutra, ce sera pour une prochaine fois. Chaque chose en son temps… D’abord, ce qu’on veut, c’est insuffler un peu plus de conscience dans nos relations amoureuses, plutôt que de laisser l’inconscient guider notre attirance pour certaines personnes et nous faire rejouer, pieds et poings liés, avec les yeux bandés, le scénario que l’on connaît par cœur ou endosser un costume que l’on connaît trop bien et qui nous rappelle souvent d’ailleurs, la nature du lien que nous avions avec notre mère, par exemple. Oui, je sais ça fait cliché, sauf que c’est valable pour les hommes comme pour les femmes. On ne parle pas ici d’Œdipe mais de vouloir reproduire dans le couple, le lien que nous avions enfant avec notre mère, que l’on soit un homme ou une femme.

Je me souviens de cette thérapeute qui me répétait sans cesse que l’on apprenait à aimer dans les bras d’une mère et que le père, c’était celui qui coupait le cordon de manière symbolique et qui nous mettait dans notre verticalité, qui nous encourageait dans la vie, qui nous propulsait sur notre chemin professionnel, qui nous ouvrait la voie au matériel, au professionnel, à l’argent… Je me souviendrai longtemps aussi de l’histoire de ce quinquagénaire que j’avais rencontré dans un stage de développement personnel. Un homme très classe, avec une bonne situation, qui venait travailler sur lui le temps d’un week-end, conscient qu’il répétait un vieux schéma, sans cesse, sans voir vraiment où cela coinçait. Il était en train de mettre un terme à son quatrième mariage et à chaque fois, malgré lui, quelque chose le poussait vers une relation dans laquelle la femme qu’il épousait devenait tyrannique. Du coup, lui, prenait la posture de victime puis "démissionnait" en quelque sorte de son rôle de père et s’éloignait de plus en plus de sa femme et de ses enfants, pour à nouveau divorcer.

Une question pour gagner du temps

C’est effectivement lors de ce stage que cet homme s’est rendu compte qu’il rejouait quelque chose de son enfance, et que sa blessure intérieure, à vif, le poussait en permanence vers des femmes qui lui rappelaient sa mère, froide et distante. C'est à croire que le génial Eddy de Pretto a écrit sa chanson "Mamere" rien que pour ce quinquagénaire. Ou pour le petit garçon qu’il était, qui là, devant nous lors de ce stage sur nos blessures profondes, ose enfin traverser ces terrains douloureux, pour ensuite enfin expérimenter dans sa vie, une relation amoureuse sereine et épanouissante. 

Alors oui, pour s’épargner quelques nœuds à l’estomac, et surtout pour nous faire gagner un temps précieux (de précieuses années, voire quelques décennies), la première vraie question que l’on pourrait poser à ce potentiel partenaire de vie assis, là, en face de nous lors d’un premier rendez-vous serait : "Est-ce que tu travailles à reconnaître chacune de tes blessures ? Celles du cœur, de l’enfance, celles de l’âme… Est-ce que tu travailles à reconnaître chacune de tes parts d’ombre, et de tes traumatismes ? Mais surtout, est-ce que tu travailles sérieusement à essayer de guérir de ces blessures-là, plutôt que de choisir l’option qui consisterait à projeter tout cela sur moi ?"