Comment vaincre les peurs de nuit de votre enfant ?

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Antidote est une chronique de l'émission La vie devant soi
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C'est bien connu, la nuit est source de beaucoup de peurs chez les enfants et en tant que parent, il n'est pas toujours évident de savoir comment gérer ce problème.

Anne Cazaubon, aujourd’hui on s’occupe des petits, comme tous les mercredis.

Namaste. On s’occupe des petits et de leurs gros monstres cachés sous le lit, de leurs gigantesques ombres projetées sur le rideau, de leurs énormes loups tapis dans le placard, en embuscade. Oui, comment aider votre enfant à vaincre ses peurs ? Parce que tous les soirs, c’est le même scénario. Les cris se font entendre, vous accourez pour rallumer la veilleuse. Vous avez beau répéter "ne t’inquiète pas", "tu ne risques rien", "il n’y a aucun danger", ce n’est pas suffisant ! Quand vous refermez la porte de la chambre de votre enfant, à l’intérieur, c’est un film d’horreur !

Oui, de l’autre côté de la porte, se trouve un monde parallèle. Dès que la lumière s’éteint, c’est la danse des ombres autour de lui, un mini Halloween sur son lit. Je précise qu’avoir les chocottes le soir n’est pas réservé aux moins de cinq ans. Sauf que derrière chaque ombre, se cache une lampe, un coussin, une armoire et que peut-être, vous pouvez lui apprendre à allumer la lumière pour se rassurer. Vous pouvez aussi lui expliquer ce qui cause les ombres. Peut-être en jouant aux ombres chinoises avec lui, en créant des figures contre le mur, des oreilles de lapin avec les mains à l’aide d’une bougie ou une lampe.

L’une de nos alliées autour de cet épineux sujet (je vous signale qu’il s’agit quand même de la tranquillité de votre enfant, de son sommeil et donc du vôtre !), c’est Isabelle Filliozat, psychothérapeute et conférencière, qui s’est longuement intéressée à la question de la parentalité et qui nous dit par exemple que cela ne sert à rien d’exposer de force votre enfant à l’objet de sa peur. Oui, inutile de le barricader dans le noir à double tour en retournant se vautrer devant la télé en lâchant : "Oh tu sais, il va falloir qu’il s’habitue. La nuit, c’est tous les soirs qu’elle vient! Il faut qu’il s’endurcisse, ce petit !" Je rappelle, à toutes fins utiles, que si on peut éviter d’ajouter un autre traumatisme à celui (ou ceux) déjà présent(s) chez votre enfant, la vie vous le rendra au centuple !

Pas la peine non plus de surprotéger votre enfant. Parce qu’à lui renvoyer en permanence l’image qu’il est une petite chose fragile et sans aucune autonomie, cela ne va lui renvoyer à la figure, que son impuissance. On nous invite également à ne pas minimiser, ça ne sert à rien. C’est sûr que si vous lui répétez à longueur de journée, "mais c’est rien du tout, il n’y a pas de raison d’avoir peur", votre enfant va alors se croire trop sensible et se dévaloriser. N’exagérez pas non plus avec des "mon pauvre petit, c’est terrible ce qu'il t'arrive" face à une peur qui n’est pas insurmontable. C’est contre-productif. Encore une fois, votre enfant n’est pas dupe et il risque de se sentir déconsidéré. Bon, vous l’aurez compris, tout est une question de curseur, et dans ces cas-là, le dosage est toujours subtil entre encourager l’autonomie de votre enfant et prendre en compte ses peurs primaires. La peur du noir, c’est une peur archaïque, ancestrale !

Qu’est-ce qu’on peut mettre en place pour aider l’enfant ?

On n’a jamais mieux fait qu’un regard posé, sans crainte et bourré d’amour, suivi d’un gros câlin réconfortant…et d’ailleurs vous pouvez lui proposer de mesurer sur une échelle de 1 à 10 le degré de sa peur, afin de pouvoir manifester votre empathie, à hauteur de ce qu’il ressent. Isabelle Filliozat conseille de donner également des ressources…Par exemple « la pierre à se faire des amis ou le spray anti-monstre », pour qu’il puisse se confronter progressivement à ses craintes par lui-même.

Et si le monstre a pris un abonnement illimité sous le lit de votre enfant, alors, vous pouvez lui proposer d’exprimer tout ce qu’il a ressenti pendant la journée à travers un dessin, peut-être dessiner la bête, la créature, et commencer à interagir avec elle pour l’apprivoiser, discuter, et un jour, rigoler avec elle !