Comment s’y prendre avec un enfant "difficile"

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Antidote est une chronique de l'émission La vie devant soi
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Anne Cazaubon livre les clés pour comprendre et parler avec un enfant parfois turbulent. 

Chaque jour grâce à sa chronique Antidote, on en apprend un peu plus sur le développement personnel. En 2018, on ne perd pas le rythme, le mercredi, Anne Cazaubon, on s’intéresse aux petits !

Et parfois, croyez-moi, il y a urgence, parce que vous avez certainement assisté à cette scène pendant les fêtes. Votre cousine par alliance, légèrement débordée par la vie, qui, devant son numéro 3 qui cherche visiblement à exprimer son mouvement intérieur dans un salon de 12 mètres carré, avec un ballon de foot, répète à qui veut bien l’entendre, c’est-à-dire Vous, pris en otage avec le service à vaisselle de Mamie dans les mains , que ce petit garçon est un enfant "difficile", et qu’il leur en fait voir de toutes les couleurs.

Alors, dans Antidote, on le rappelle, on ne fait aucune discrimination. Oui, on s’adresse à touuus les enfants : les sages, les timides, les expressifs, les imaginatifs, les créatifs, les fans de Pepa Pig… Et on essaye surtout de s’ouvrir chaque jour un peu plus à ce qu’ils essayent de nous dire, à nous les adultes, en empruntant le chemin qu’ils peuvent, pour cela.

Oui, tout au long de cette conversation avec cette cousine (pardon, ce monologue), j’ai eu la voix de cette thérapeute que j’avais rencontrée qui m’avait dit qu’il n’y avait PAS d’enfant difficile, que ça n’existait pas. En revanche, ce qui était difficile, c’était d’être un enfant dans un monde où les adultes sont fatigués, occupés, sans patience ou pressés. 

Mais qu’est-ce qu’on peut faire ?

Comme pour tout, en développement personnel : regarder à l’intérieur de soi. Alors souvenez-vous. Non, mieux que ça inspirez-/expirez  et souvenez-vous. Quand vous étiez plus jeune. Peut-être que l’on vous a qualifié d’enfant terrible, de garçon dur, de fichu caractère, de petite fille coriace. Mais au fond, vous ne vouliez pas fondamentalement  la peau de votre mère, ou celle de votre père. En revanche vous avez tenté par un certain nombre de subterfuges de leur faire comprendre quelque chose, de leur faire passer un message.

Peut-être que ce fut par une chute brutale de vos notes à l’école. Peut-être par une fugue à l’adolescence. Peut-être par des colères noires qui vous faisaient devenir presque tout bleu et shooter dans à peu près tout ce qui se trouvait sur votre chemin à ce moment-là. Peut-être que de manière inconsciente, vous avez exprimé ce que vous vouliez dire par une grande perte de poids ou à l’inverse, par la prise rapide d’une dizaine de kilos.

Et peut-être qu’à ce moment-là, vous avez cherché tout simplement quelque chose pour attirer l’attention sur vous : vous avez cassé un objet, vous avez fait une bêtise, vous avez amoché un petit frère qui commençait à prendre un peu trop de place.

Oui, souvenez-vous comme c’était compliqué de partager l’amour de vos parents avec vos frères et sœurs ? Souvenez-vous comme vous vous êtes senti incompris ? Et puis, au fur et à mesure,  peut-être qu’à force de ne pas avoir été entendu, peut-être qu’à force d’avoir été rembarré, vous avez de moins en moins parlé ? Vous l’avez bouclé et vous avez étouffé cette part de vous qui ne rêvait que d’une seule chose : se déployer.

Alors, finalement, à bien y regarder, le message est plutôt simple. Il est même plutôt clair il est même en warning là devant vous. En fait, c’est simple, votre enfant clignote ! Parce qu’à n’importe quel âge (et même à l’âge adulte, regardez comment se sont passés vos repas de fêtes), on ne rêve que d’une seule chose : attirer l’attention et l’amour de nos parents.

Alors qu’est-ce qu’on peut faire pour éviter cela ?

Pour éviter de refiler la patate chaude, vous voulez dire ? Celle qu’on refile (malgré vous, de manière inconsciente) depuis des lustres,  on peut s’intéresser à ce qu’il advient de ce petit Etre, ce qu’il aime, lui demander ce qui le met en joie, ce qui l’a surpris aujourd’hui, ce qui l’a enthousiasmé, émerveillé, inspiré, oui, on peut toujours plus nourrir le lien.

Et surtout, surtout, se rappeler, qu’il n’y a pas d’enfants difficiles ; Il n’y a que des enfants pour lesquels il est difficile de grandir dans un monde où les adultes sont stressés, pressés, et sans patience.