Comment redevenir soi-même ?

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Antidote est une chronique de l'émission La vie devant soi
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Les différentes expériences de notre vie nous poussent à nous protéger et devenir un "faux moi", dont il va falloir se délester couche après couche.

Comme chaque jour, c’est avec la leçon de développement personnel Antidote que nous clôturons l’émission.

Namaste ! Vous êtes certainement comme moi. Partout, dans la presse, dans des publicités, vous lisez ces phrases : "Soyez vous-même !", "Be yourself !" ou encore des invitations à "renaître à vous-même". Mais au fond, rien de plus dur, de savoir qui l’on est, profondément, derrière une éducation qui fut ce qu’elle a été, des parents, qui ont fait ce qu’ils ont pu avec ce qu’ils étaient, de l’amour, maladroitement donné et du coup, des blessures qui nous ont contraint à revêtir un ou plusieurs masques pour ne pas perdre la face… Une enveloppe corporelle qui est ce qu’elle est, des études qui nous ressemblent (ou pas), des épreuves, qui nous ont façonné… Bref, qui sommes-nous vraiment, au fond ? Oui, c’est qui ce soi-même ?

A priori, soi-même, c’est unique. Ah bah si ! C’est Oscar Wilde qui nous le dit quand il nous lance : "Soyez vous-même, les autres sont déjà pris !" Bon, déjà, ça ressert le champ d’action, ça réduit le périmètre de recherches. En fait, ça le recentre tout bonnement, vers soi. Et dans "être soi", il y a être et non avoir ! Ce "soi-même" ça n’est donc visiblement ni quelque chose qu’il va falloir gagner, acheter, conquérir à l’extérieur de soi. Ça n’est ni même une caractéristique physique qu’il va falloir changer, ni jouer des coudes pour piquer une place qui nous serait destinée… Non, a priori, la bonne nouvelle, c’est que l’on a déjà tout à l’intérieur ! Le seul problème, c’est que, un peu comme dans "La princesse au petit pois", on a jeté par-dessus des dizaines de couches, de carapaces (de véritables armures parfois). Tout autant d’épaisseurs qui nous ont permis d’arriver jusque-là sans trop se faire mal (enfin, ça, c’est ce que l’on croit). Toutes ces épaisseurs, on les a posées sur notre cœur et sur notre véritable soi, pour se promettre qu’on ne souffrirait plus jamais en amour, parce que c’est bon, on a déjà donné, que plus rien ne nous atteindrait. Oui, depuis tout petit parfois, à chaque "phrase assassine" lâchée par un père, une mère, un professeur, un patron, à chaque expérience douloureuse où notre souffrance n’a pas été prise en considération, n’a pas été entendue, on a crié au secours. Personne n’est venu alors on a refermé un peu plus notre cœur.

Et une fois qu’on est là, comment on fait ?

Cet espèce de Robocop en béton armé, avec une jolie porte blindée serrure trois points devant le cœur, c’est ce qu’on appelle notre "faux moi". Et c’est lui dont il va falloir se délester, couche après couche. Vous savez que le développement personnel, on l’appelle aussi le "dépouillement personnel". Renaître à soi, je ne vous le cache pas, est sans doute ce qu’il y a de plus difficile et que c’est une course de longue haleine. Parce que pour mieux renaître à nous-même, il va falloir laisser mourir (symboliquement) certaines parties de nous qui nous ont permis de tenir jusque-là, mais qui deviennent de plus en plus encombrantes, qui nous ressemblent au fond de moins en moins.

Celui qui peut nous inspirer dans cette transformation parfois un peu "inconfortable", "désagréable", c’est le papillon. En développement personnel, on l’utilise souvent comme métaphore de notre pouvoir de transformation intérieure (d’ailleurs, vous en verrez beaucoup sur les couvertures des livres qui parlent de ce sujet). Le papillon, c’est vraiment l’insecte qui nous rappelle notre pouvoir de transformation personnelle. Il y a cette phrase inspirante de Richard Bach (l’auteur de Jonathan Livingstone le goéland), qui dit que "la fin du monde, le sage, l’appelle le papillon" parce que le but de la chenille, dans sa vie, n’est pas de devenir une super-chenille, pas de devenir une méga-chenille, pas une chenille meilleure que les autres. Non, le but de la chenille, c’est de devenir un papillon volant. Alors, à vous, de déployer vos ailes !