Comment nourrir son feu intérieur ?

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Antidote est une chronique de l'émission La vie devant soi
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Le froid est l'occasion de prendre du temps pour soi pour se faire du bien. Anne Cazaubon vous donne quelques pistes.

Aujourd'hui, on va nourrir notre feu intérieur. C’est mon côté scout, dont la devise est : "Tout temps, tout terrain, tout prêt." Et bien, c’est la même pour ce qui est du développement personnel. Oui, trop facile d’être zen et aligné sur un tapis de yoga à Bali en plein été face à la mer loin des écrans ou dans une salle de méditation avec uniquement des gens bienveillants, souriants et sympathiques. Beaucoup moins par -7 degrés, avec des collègues tous autant névrosés les uns que les autres, en manque total de vacances et d’heures de sommeil. Mais c’est là, mes petits cocos, qu’on voit les vrais. Ceux qui veulent vraiment vivre le développement personnel au quotidien et changer d’esprit, pour mieux changer de vie.

C’est donc le temps de s’occuper de notre feu intérieur (et pas du tout d’aller chercher à l’extérieur ce qui nous manquerait, puisqu’au fond, vous le savez bien, c’est à l’intérieur que ça se passe). Sauf que depuis quelques temps, vous l’avez un peu délaissé ce feu-là. Vous l’avez oublié en plein courant d’air, ou sous des trombes d’eau. C’est comme s’il était attaqué de toutes parts parce qu’au quotidien, vous côtoyez en permanence des personnes qui vous vident émotionnellement. Ceux que l’on appelle les fameux "vampires-énergétiques", ceux qui vous pompent votre jus, votre créativité, votre pouvoir… Ceux qui ne supportent pas que vous alliez bien parce que vous leur tendez ainsi un miroir de leur propre état, qui n’est pas bien brillant, qu’ils ne veulent pas voir. Bref, ceux qui ont tenté d’étouffer et de faire presque disparaître votre feu intérieur.

Prenez du temps pour vous

Mais c’était peine perdue. Alors c’est sûr, il est évidemment plus facile d’entretenir un feu qui brûle déjà bien. Il suffit simplement de remettre une petite bûche de temps en temps et de laisser faire la vie. Sauf que s’il ne vous reste qu’une toute petite étincelle, la tactique va être bien différente et il va falloir chérir cette ultime lueur et la couvrir de petites brindilles. Peut-être y ajouter une poignée d’herbes sèches, plutôt que de lui vider dessus une quinzaine de bûches. Oui le froid vous invite à faire ce que vous ne prenez jamais le temps de faire : prendre du temps pour vous. Rien que pour vous. Vous occuper de votre intérieur : trier enfin le tiroir plein de bazar, allumer quelques bougies pour tamiser et parfumer votre nid douillet, vous préparer une ambiance de "cocon", vous plonger dans ces magazines qui vous font du bien et qui vous parlent de développement personnel. Oui, personne n’a envie, en plus de se geler, et en plus, de se nourrir l’esprit d’infos glaciales en continu, qui comme les températures, vous tirent vers le bas.

Et chacune de ces brindilles que vous allez ajouter va prendre la forme d’une action que vous ferez pour vous faire du bien. Cela peut être une activité artistique ou manuelle, que vous aviez laissée en plan. Ce tricot commencé il y a deux ans, qu’il faudrait quand même finir, cette boîte d’aquarelle offerte pour Noël il y a deux mois que vous n’avez toujours pas ouverte, ce puzzle qui vous calme les nerfs après une rude journée, ce bon vieux disque d’opéra, de jazz, ou de musique japonaise que vous avez tellement écouté et que vous vous décidez enfin à ressortir, comme une petite madeleine de Proust à déguster, cette baignoire que vous allez enfin inaugurer dans sa version "bain moussant", ces photos stockées sur un disque dur que vous ne prenez jamais le temps de faire développer… Oui l’hiver est définitivement une invitation à souffler, tout doucement sur cette lueur qui était sur le point de s’éteindre en vous, sur ce feu intérieur qui va repartir de plus belle.