Comment gérer son ego ?

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Antidote est une chronique de l'émission La vie devant soi
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Anne Cazaubon livre quelques clés pour reconnaître quand notre ego intervient et surtout, comme agir par rapport à lui.

Aujourd’hui, on tente de composer avec notre ego…

Oui vous l’avez tous vécue cette scène, lors d’un dîner avec des amis, lors d’un repas de famille, où il y a ce type qui monte sur ses grands chevaux pour prouver à tout le monde qu’il a raison alors que vous savez (et vous êtes nombreux autour de la table) qu’il a tort. Lui, est convaincu du reste. Le type est imbuvable, ne se définit que par son portefeuille, par son poste… Et je me souviens d’avoir mis un terme à la joute verbale, poliment, avec le sourire, en bottant en touche, mais surtout en me disant intérieurement que je ne le reverrai jamais, et que donc, ça ne servait à rien de perdre toute cette énergie, de la lui livrer en pâture. En prenant tout bonnement conscience que ma paix intérieure, mon degré de stress, la bonne santé de mes nerfs, étaient bien plus important que le fait d’avoir raison sur ce point dont d’ailleurs, j’ai aujourd’hui totalement oublié le propos.

Oui, cet homme-là, avait un très fort ego. Alors l’ego, on en a tous un. On fait route avec lui toute notre vie, c’est livré avec le reste, avec ce corps que nous habitons jusqu’à la fin de nos jours. Et c’est pour cela qu’il nous est demandé d’en prendre soin. Il y a ce moi personnel et extérieur, qui a besoin d’approbation, de validation de la part des autres. C’est le petit moi, ou l’ego, qui a besoin de s’épanouir, de trouver ce juste milieu (et c’est là que c’est difficile) entre l’aider à se développer, sans tomber dans le nombrilisme. Et puis, il y a ce qu’on appelle le grand soi, c’est-à-dire le moi intérieur et impersonnel, qui provient de l’esprit, qui est immatériel et invisible. Le véritable défi, c’est d’arriver à conjuguer ces deux aspects de notre être.

Mais est-ce qu’il faut essayer de s’en défaire ? Est-ce qu’il faut essayer de tuer l’ego ?

Comme on est pris avec, il va falloir faire avec. Il fait Partie de nous. L’objectif n’est donc pas de se défaire de l’ego. Mais peut-être d’y accorder un peu moins d’importance, de ne pas lui attribuer le carré VIP dans notre petite boîte de nuit intérieure, même quand il rentre avec des baskets ou de ne pas lui réserver le premier rang à la représentation qui se joue dans notre petit théâtre intérieur. Parce que sans en avoir l’air, il prend souvent le dessus dans notre comportement, dans nos discussions. Même s’il est invisible, c’est aux petites traces qu’il laisse dans nos vies qu’on peut le repérer. Et comme vous commencez à me connaître, je vous invite à tendre l’oreille, à vous regarder faire, à vous observer, à réaliser quand et dans quelles circonstances, face à qui, vous réagissez de manière démesurée. Ou d’une manière dans laquelle vous ne vous reconnaissez pas : si vous entendez un peu trop "moi, je", "moi, je". "Mes locataires", "mon personnel", "mes édifices", "mon argent", "ma secrétaire", "mes enfants", "ma vision"… Que ce soit prononcé par d’autres ou par vous ! Oui, parfois, on se fatigue et on s’agace tout seul ! Même si toutes ces expressions sont en apparence inoffensives, elles ont une fâcheuse tendance à faire enfler la tête de ceux qui l’utilisent et qui s’approprient ce qui appartient à d’autres parfois. Et ça peut tous nous arriver, plusieurs fois par journée, croyez-moi !

Oui pour repérer une petite crise d’ego, le fameux ego-trip, c’est simple : il se prend sacrément au sérieux. Généralement, quand on laisse une trop grande place à notre ego, on ne se donne pas vraiment le droit de rire, de s’amuser. L’enfant intérieur est bien loin, calfeutré dans un coin parce que selon l'ego, on n’est pas ici pour rigoler, il faut travailler fort, se donner un air autoritaire et être pris au sérieux, surtout, puisqu’on se prend au sérieux ! Pour résumer, l’ego vit dans la peur, et comme il croit détenir la vérité absolue, il aime avoir raison, il est en compétition permanente avec les autres. Ce qui est usant parfois avec l'ego, c’est qu'il est tenace et rusé parce qu'il craint pour sa vie. Si vous vous dites qu'il ne vous représente pas vraiment, c’est-à-dire "oh tu sais moi j’ai pas d'ego", il va vous mettre de gros bâtons dans les roues. La meilleure façon de ne pas tomber dans les pièges qu’il nous tend, à tous moments de la vie, c’est le reconnaître entièrement pour admettre qu’il ne nous représente pas dans notre entièreté !