Comment évoquer le sujet de la mort avec les enfants ?

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Antidote est une chronique de l'émission La vie devant soi
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En ce 1er novembre, les parents peuvent être confrontés pour la première fois aux questions concernant la mort de la part de leurs enfants. Il faut savoir employer les bons mots pour leur expliquer l'inexplicable.

Voici notre développeuse personnelle et sa chronique Antidote !

Namaste ! Alors, comme chaque mercredi, on se met "à hauteur d’enfant". Et peut-être qu’aujourd’hui ce sera "à hauteur de chrysanthème", 1er Novembre oblige ! Oui, peut-être qu’aujourd’hui, vous vous apprêtez à aller au cimetière, pour vous recueillir sur la tombe de vos aïeux. Peut-être que cette visite suscitera des questions chez les petits. Le problème avec ces questions autour de la mort, c’est qu’à l’inverse d’autres questions cruciales comme "comment on fait les bébés ?", (pour lesquelles, à priori, on a une vague idée de la réponse…) pour tout ce qui tourne autour de la mort, en revanche, on est là encore, truffés de contradictions et d’incohérences ! Ah bah si ! Je vous ai vu hier, vous démener pour confectionner le plus joli costume de squelette à votre fils ou pour maquiller de faux-sang le visage de votre petite fille en lui mettant ce serre-tête qui laisse penser qu’elle s’est pris une hache en pleine figure. Mais quand l’un ou l’autre vous demande pourquoi Papi est mort, vous plongez le nez dans votre assiette et bottez en touche ! Pas si simple de répondre à ces questions autour de la mort, si on ne dispose pas soi-même d’un début de piste de réflexion, ou d’une idée claire sur le sujet. Et je crois qu’en fait, ils sont assez peu nombreux à avoir quelques éléments de réponse. Alors jouez franc-jeu ! Il est bon que votre enfant sache que vous ne savez pas tout et que certaines choses sont difficiles à comprendre pour toutes les personnes, quel que soit leur âge. 

La clé, comme pour toute discussion avec les plus petits, c’est de vous adapter à son rythme, de le laisser mener la conversation et poser ses questions. De votre côté, vous pouvez vous montrer ouvert, sensible et aussi sincère que possible en l’encourageant à s’exprimer. Parfois, c’est le décès d’un grand-parent ou d’un animal qui peut représenter le premier contact que votre enfant aura avec la mort. Et on le sait, la perte d’un être cher peut être perturbante, dérangeante et même effrayante pour un enfant. Il peut se sentir abandonné. Il peut aussi croire qu’il est responsable du décès parce qu’il a fait quelque chose de méchant ou d’interdit ou parce que tout le monde s’arrête de parler du mort en question, dès que l’enfant rentre dans une pièce. C’est vraiment une période où il est primordial d’écouter ses envies de câlins, ses pleurs, ses difficultés… Parce que cela peut le ramener à sa propre angoisse de mourir ou de voir mourir ceux qu’il aime.

Comment trouver les mots justes pour parler de la mort aux tout-petits ?

Difficile d’expliquer l’inexplicable ! On va surtout éviter d’employer des verbes comme "s’endormir, partir, s’en aller". Parce que si vous dites à votre enfant que "Papi s’est endormi", votre petit risque d’avoir peur d’aller au lit, il peut avoir peur d’y mourir lui aussi. De la même manière, évitez de raconter que "Grand-mère est partie" pour un long voyage parce que votre enfant pourra développer une angoisse à chaque fois qu’un être cher partira en week-end. Autre point important, ne dites pas seulement à votre enfant que sa grand-mère est morte parce qu’elle était très malade, parce qu’il pourrait croire qu’elle avait un simple rhume. Cela pourrait lui faire craindre de mourir lui aussi, s’il tombe malade ou il pourrait avoir peur que ça vous arrive, à la moindre gastro refilée par un collègue. 

Non, dites-lui plutôt la vérité en employant des mots simples : "Grand-maman avait un cancer. C’est une maladie très grave. Parfois, il y a des gens qui guérissent, mais pas toujours." N’hésitez pas à ajouter que "la mort n’est pas contagieuse", et qu’elle ne s’attrape pas comme la varicelle. Mais il est important de lui préciser qu’il ne verra plus la personne décédée sur Terre. Pour résumer, et prendre un peu de hauteur, ce qui est important, et surtout à retenir, c’est que votre enfant comprenne que la mort s’inscrit dans le cycle naturel de la vie. Vous pouvez prendre des exemples dans la nature pour lui expliquer, comment les arbres, les papillons, les oiseaux ont tous une durée de vie qui leur est propre. Et que parfois, les êtres vivants tombent si gravement malades ou souffrent tellement qu’ils ne peuvent pas rester en vie. Sauf que (et c’est là que c’est bien d’insister), souvent, les personnes et les animaux peuvent guérir de leur maladie et vivre très vieux. Autant de raisons supplémentaires, plutôt que d’attendre la mort, de lui apprendre à célébrer la vie !