Comment aider l'enfant à apprivoiser sa peur de l'animal ?

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Antidote est une chronique de l'émission La vie devant soi
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Plutôt que le passage en force avec "la petite bête ne mange pas la grosse", Anne Cazaubon recommande l'éducation positive pour aider les enfants à dépasser leur peur des animaux.

Vous connaissez la tradition, c’est avec elle que l’on termine l’émission chaque jour, avec son Antidote de développement personnel, et le mercredi, Anne Cazaubon, on s’occupe des petits…

Des petits qui se planquent dans vos jupes dès qu’un chien apparaît au loin, des petits qui vous grimpent au cou dès qu’un chat miaule dans le jardin, ou peut-être des petits, qui dans les allées de ce Salon de l’agriculture, sont terrorisés au milieu des vaches, des cochons, et autres brebis… Alors plutôt que le passage en force, le "mais si, tu vois, les petites bêtes ne mangent pas les grosses", les "regarde ça fait pas mal" à caresser une vache devant votre enfant en larmes qui hurle à la mort, on va plutôt opter pour l’éducation positive. Plutôt que "le traumatisme à vie" sous couvert d’un "mais il faut qu’il s’endurcisse ce p’tit, à force de grandir dans le bitume, il n’a plus aucun contact avec les animaux !". Ah ça c’est sûr !

Sauf que pour un petit de 2 ou 3 ans, la rencontre "en vrai" d’une bête (que pour l’heure, il n’a vu que dans les livres, peut être déroutante).Avouez que pour Timothée, 3 ans, fan du dessin animé Peppa Pig, se trouver face à une truie dans son enclos dans une ferme ou ici, au Salon de l’agriculture, cela peut être effrayant ! Oui, les toutes premières confrontations d’un petit enfant avec de vrais chiens et chats ont de quoi l’interroger ! Il y a mensonge sur la marchandise ! ça fait des années qu’on lui lit des histoires dans lesquelles les animaux parlent ! alors que dans la vie, non, et en plus de ça, ils ont des comportements bizarres, ces animaux ! Avouez quand même qu’il y a de quoi rester interloqués !Rien de plus normal donc, pour les enfants que d’avoir peur de nos amis les bête et ça n’est pas "problématique". C’est même plutôt archaïque, puisque cette méfiance à l’égard des animaux, on l’a en nous depuis le début de l’humanité, c’est vous dire.

Cette peur, elle est donc inscrite en votre enfant depuis toujours. En votre enfant, mais aussi, en vous ! Et comme l’enfant est sensible, de nature, il va sentir votre peur à vous ! Les tensions de votre corps, les messages contradictoires que vous envoyez, le stress dans votre voix, même si vos paroles sont rassurantes. Alors, évidemment, il vous est impossible de maîtriser vos réactions (chacun fait ce qu’il peut), mais vous pouvez atténuer leurs effets en verbalisant. Et en l’invitant à observer cet animal…en lui posant des questions : "est-ce que tu as vu les immenses moustaches de ce chat ?", "regarde comme ce chien a l’air heureux d’être dehors". En fait, si vous parlez de l’animal, il va devenir moins effrayant, moins inconnu, moins étrange pour votre enfant. Et forcément, vous allez désamorcer, au moins en partie, la peur que lui et vous pouvez avoir.

Comment aider l'enfant à apprivoiser sa peur de l'animal ?

C’est vraiment à nous, adultes, de les aider à la dépasser. Pour surtout éviter que l’enfant terrorisé, se mette à hurler et courir en semant la zizanie face à une randonnée-équestre que vous croisez. Histoire d’éviter également de vous faire courser par un troupeau de vaches alors que vous pique-niquiez tranquillement au bord de la rivière (oui, certains enfants peuvent courir vers les animaux, sans mesurer le danger). Certains vont vite dans leur approche des animaux, d’autres vont plus, lentement ! Ce qui est important, c’est de respecter le rythme de l’enfant, et son temps d’observation. Ça ne sert à rien de le forcer à caresser le chien, le chat, la tortue, le mouton. S’il vous regarde caresser l’animal, cela va lui donner envie de le faire.

Pour finir, on peut aussi saisir cette opportunité d’une rencontre avec un animal pour insuffler quelques règles à votre enfant, lui dire que l’animal, et bien, il est comme nous. Qu’on ne le dérange pas quand il mange par exemple (qu’il a le droit de se faire son petit bol de croquettes tranquilou, sans qu’on vienne lui monter sur le dos, ou de déguster sa botte de foin, sans qu’on lui tire la queue !). Parce qu’au fond, de votre enfant ou de l’animal, souvent, le plus peureux des deux... c’est l’animal !