Ce que le contenu de votre valise dit de vous

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Antidote est une chronique de l'émission La vie devant soi
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​La façon dont on prépare sa valise avant de partir en vacances et les objets que l'on met dedans en disent beaucoup sur nous.

​Anne, aujourd’hui, ça ne vous a pas échappé, les vacances de Toussaint approchent…

A grand pas même, puisqu’elles commencent demain ! Et que ce soit pour vous, ou pour vos enfants que vous refourguerez (pardon, qui iront rendre visite à leurs grands-parents), il va falloir descendre à la cave ou monter au grenier chercher les valises. Oui, comme on fait son lit, on se couche ! Et comme on fait son sac, on voyage ! Parce que votre valise est un magnifique miroir de ce que vous êtes (ou de ce que vous n’osez pas forcément vous raconter).

Alors, comme on a décidé d’arrêter de faire les choses bêtement (ou en tout cas de laisser guider notre vie par notre inconscient), je vous invite à vous "regarder faire" pour ouvrir un peu plus grand les yeux sur ce qui se passe quand vous pliez bagage (même si je rappelle que rouler, plutôt que plier les vêtements permet de gagner beaucoup de place !). Oui, les choix que l'on fait traduisent aussi notre définition des vacances : est-ce que je vais plutôt emporter une pile de livres que je n’ai pas le temps de lire en temps normal, parce que pour moi, vacances = repos et rattrapage de temps perdu ou est-ce que je vais plutôt glisser des escarpins et des robes de soirée, parce que c’est le seul moment où je peux faire la fête ?

Peut-être faites-vous partie de ceux qui voyagent en permanence avec des excédents de bagages justement, qui ne savent pas se déplacer autrement qu’avec une multitude de valises. Oui, vous avez tout ! Du traitement contre l’asthme (même si vous n’avez pas fait de crises depuis 15 ans) à la collection de pulls de skis, en cas d’avis soudain de "Grand froid" sur les Seychelles. Vous avez même un duvet et une moustiquaire, au cas où votre réservation d’hôtel, finalement, serait annulée à la dernière minute.C’est le professeur Lejoyeux qui appelle cela des "valises défensives". Oui, parce qu’on met dans son sac l’objet de ses craintes. Si vous avez peur d’avoir froid, vous mettrez des tonnes d’épaisseurs à l’intérieur. Si vous avez peur de vous ennuyer, vous glisserez, livres, tablettes, scoubidous et jeu de Uno à l’intérieur.

Ah, tiens, ça c’est le psy, qui vient certainement nous confirmer que cette angoisse du manque peut renvoyer à une séparation avec la mère dans la petite enfance. Encore une, vous me direz ! A priori, ce serait le cas de ceux qui font des listes de toooooout ce qui pourrait manquer là où ils vont. Parce que la valise, c’est une maison sur roulette, et un peu comme un objet transitionnel, ça rassure, et nous assure de nous sentir chez nous. Parce qu’en plus de la pile de vêtements indispensables, on emporte des "grigris" ou des "doudous", c'est-à-dire des accessoires ou des habits dont on pourrait très bien se passer mais qu'on aime avoir avec nous. Parce qu’en voyage, ou en itinérance on perd ses repères, et pour ceux dont la "sécurité intérieure" est un peu défaillante, nos bagages peuvent aussi témoigner de notre perception du risque.

Et si on voyage plutôt léger ?

Ça c’est ce qu’on appelle la "valise hédoniste" dont le maître-mot est "pour le plaisir" et dont la préparation dit quelque chose de notre capacité à profiter du moment présent. Ça peut aussi expliquer pourquoi certains mettent des jours et des jours à défaire leurs bagages au retour des vacances. Comme si c’était une façon de prolonger ce bonheur passé.Pour finir, (si vous voulez faire l’économie d’un psy), sachez que la valise est à l’image de notre contradiction intérieure. S’enfuir, mais en vidant les lieux - et donc en emportant l’intégralité de notre deux-pièces pour ce week-end prolongé à la campagne.

Alors posez-vous la question ? Est-ce que je m’ouvre au neuf, au nouveau, quand j’emporte tout avec moi ?