Banissez les "il faut" et "je dois" de votre langage !

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Antidote est une chronique de l'émission La vie devant soi
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Ces expressions font partie de nos automatismes de langage mais en les utilisant, on se donne des ordres à nous-mêmes. Pour gagner en liberté, mieux vaut les bannir !

Une fois n’est pas coutume, on soigne notre vocabulaire !

Oui, aujourd’hui, chronique à l’ancienne dans laquelle je revêts mon tablier de vieille matrone pour vous laver la bouche au savon avec une brosse en bois. Oui, une fois n’est pas coutume, je vous propose de vous écouter parler. Parce que ce n’est pas tant les situations que la vie nous envoie qui nous pèsent dans nos vies, mais bien la manière dont nous les envisageons et dont nous les commentons. Oui, en 2018, je ne vous lâcherai pas d’une semelle sur votre manière de parler. Aux autres, ça, c’est une chose, mais surtout, à vous-même ! Ne le prenez pas mal, je ne veux que votre bien, et surtout que vous puissiez vous réaliser pleinement. Alors depuis ce matin, je suis toute ouïe ! "Il faut que je réponde à son mail", "je dois absolument rappeler ce collègue", "il faut vraiment que je trouve une solution à ce problème", "je dois vraiment mieux m'organiser dans ma vie"…

Vous voyez comme on prend soin de nous ? Vous voyez quelle couleur il a notre règlement intérieur ? Oui, couleur cuir, Isabelle ! Le pire, c’est que ces "il faut", ces "je dois", font tellement partie de nos automatismes de langage que bien souvent, on n’en a pas conscience. Sauf qu’à chaque fois que je les emploie, je me donne une obligation à moi-même. Oui, à chaque fois, je me donne un ordre. Alors pour calmer le gros adjudant qui sommeille en chacun de nous, je vous invite à regarder très en face, ou plutôt à tendre l’oreille. Parce que si jamais vous ne réalisez pas ce "il faut que je perde 10 kilos", ou ce "je dois finir ce projet avant demain, vous savez ce que vous vous tartinez sur le corps ? Une bonne couche de culpabilité indice 2 000 !

C’est vraiment difficile de bannir de notre langage "il faut" et "je dois". Comment fait-on ?

Je vous invite d’abord à repérer ce qui pourrait faire obstacle dans votre dialogue intérieur, où sont les murs que l’on se dresse, tout seul, rien qu’avec les mots. Et peut-être pour commencer essayer de remplacer tous ces ordres, par "je désire", par "je veux", histoire de remplacer ces mots qui enferment, ces verbes qui nous maintiennent dans notre propre prison intérieure, par des "mots de liberté" comme "je veux", ou "je désire". Regardez, ou plutôt écoutez la différence de vibration et même de "vouloir dire" entre : "Il faut que je passe mon permis de conduire", et "je veux passer mon permis de conduire". Voyez comme d’un coup, vous reprenez votre pouvoir intérieur, et vous évitez de le brader aux conventions sociales, à la pression de la société, qui selon vous, aimerait que vous ayez obtenu votre permis à l’âge que vous avez. Voyez comme d’un coup, vous arrêtez de subir et reprenez votre responsabilité, dans le fait de ne pas avoir votre permis aujourd’hui.

Autre exemple. Vous dites : "Je dois passer à la banque." On le dit tous ! Dans ces cas-là, ce qui peut vous aider, c’est de vous demander : "Qui a dit cela ?". Qui a dit : "Je dois passer à la banque ?" La Réponse est "personne" puisque c’est moi qui ai pris rendez-vous avec Madame X. Dans ces cas-là, vous pouvez reformuler : "Je vais passer à la banque aujourd’hui, j’avais oublié mon rendez-vous." La réalité, c’est que ces "il faut", ces "je dois", sont partout dans nos vies. Mais lorsqu’on leur fait un croche-patte, en les reformulant, on gagne en liberté de mouvement, dans nos mots, et donc dans nos vies !