Apprenez à "manger en pleine conscience" pour "savourer plus"

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Antidote est une chronique de l'émission La vie devant soi
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Plutôt que de manger machinalement, apprenez à le faire "en pleine conscience". "L'idée est de manger moins et de savourer plus", explique Anne Cazaubon.

On entend de plus en plus de gens parler de "manger en pleine conscience". Mais qu’est-ce que ça veut dire concrètement ?

Vous le savez, faire les choses "en conscience", c’est être pleinement à ce que l’on fait. Et c’est un peu le cheval de bataille de cette chronique, mettre toujours plus de conscience dans notre quotidien. Parce que je vous ai vu, vous me direz, on est tous pareil ! Comme tous les matins, vous avez pris votre bol de Corn Flakes devant votre smartphone, pour regarder les dernières actualités sur Facebook. A midi, vous avez avalé un sandwich devant votre ordinateur ou mangé un kebab dans le bus en jouant à Candy Crush, et ce soir, vous allez vous faire un plateau télé devant Capitaine Marleau. Bref, vous n’êtes pas "à ce que vous faites" quand vous mangez. Parce que "se nourrir", c’est un job à temps plein !

Alors comment on fait pour manger "en pleine conscience" ?

En développement personnel, je préfère prévenir, on a renoncé à tout régime parce qu’ il est hors de question de commencer la journée en prévoyant de se restreindre. Non, l’idée est de "prendre soin de ce corps de déesse" que l’on m’a donné. Les kilos en trop, eux, ils ont une histoire. C’est peut-être "une carapace pour que personne ne m’envahisse", "un océan de larmes" que je n’ai pas encore pleuré, "une manière d’occuper une certaine place pour qu’on me voit, où que j’aille". Mais pour ce dossier-là, c’est chez un thérapeute que ça se travaille ! Devant l’assiette, on va d’abord recontacter le sentiment de faim et attendre tout simplement d’avoir faim pour manger.

On va "apprivoiser" cette faim et donc attendre pour ressentir toujours plus ce qui se passe dans le corps. On peut aussi commencer par boire un grand verre d’eau, peut-être parce qu’on a soif, mais aussi parce que souvent, on confond la soif et la faim. Et puis en profiter pour se faire un petit point "météo intérieure". Se demander si on est fatigué, si on est stressé, si on est énervé… Quelle est l’émotion qui prend le dessus ? Avant de l’assouvir en se ruant sur son repas ! Allez hop, il est temps de passer aux fourneaux !

La louche à la main, vous allez évaluer la quantité de nourriture dont vous estimez avoir besoin pour parvenir à la satiété et glisser la portion dans une assiette. L’idée, c’est de manger moins et de savourer plus. Parce que sachez-le, c’est la première bouchée d’un mets qui vous donne le plus de plaisir. C’est bien connu, un peu comme en amour, ce sont souvent les débuts qui sont les plus savoureux.

Déjeunez en paix, faites-vous ce cadeau ! Pas de radio, pas de télé, pas d’ordi, pas de journaux. Une fois de temps en temps, chez vous, ou sur un banc, dans un parc, déjeunez seul comme si vous aviez rendez-vous avec vous-même, à l’écoute de vos sensations. Vous allez pouvoir prendre le temps de regarder, de humer puis de déguster votre repas et surtout, surtout, de ralentir votre rythme. Prenez le temps de mastiquer et posez vos couverts entre chaque bouchée.

Et si dans la journée, on a une petite envie de grignoter ?

La question, c’est "de quoi avez-vous faim ?", même si pour certains, on a bien une petite idée. Est-ce que j’ai un "petit coup de mou" et que mon corps réclame de l’énergie pour poursuivre ma journée de travail ? Est-ce que j’ai un "coup au moral", que j’ai envie d’un "doudou sucré", de gâteau au chocolat, de bonbons… Bref, d’être réconfortée ? Ou est-ce que j’ai faim, parce que vraiment, c’est l’heure de manger, et que mon estomac crie famine ? Et si vraiment, vous avez envie d’un en-cas, alors écoutez-vous et obligez-vous à vous asseoir et à le manger lentement en l’appréciant. Et dès que le plaisir disparaît, reposez-le dans un coin pour mieux y revenir plus tard. Un peu comme… enfin vous avez compris !