Affronter le sentiment d’insécurité

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Antidote est une chronique de l'émission La vie devant soi
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Plutôt que d’aller chercher la sécurité à l’extérieur, il suffit simplement de constater que tout est déjà là, à l’intérieur. 

Hier soir, j’ai pris le dernier métro. (Oui, j’aime l’aventure !) Devant moi, dans cet immense couloir, quatre jeunes hommes, bien électriques, bien avinés, qui  s’insultaient (pardon, qui communiquaient) et qui cherchaient (en fait, je ne sais pas bien ce qu’ils cherchaient, mais franchement, vu le taux d’alcoolémie et autres substances illicites consommées, je pense qu’ils cherchaient quelque chose de la famille des "fait divers" !) Alors, j’ai d’abord attendu. Quoi ? Je ne sais pas bien. Quelqu’un ? Un couple qui rentrerait du ciné ? Deux amis avec des sacs de sports, sortant d’un entrainement ? Bref, un soutien, une présence qui n’est finalement jamais venue ! 

J’avoue, j’ai pensé à faire demi-tour ou à rédiger mon testament !Et puis je me suis souvenue qu’on n’était pas obligé de toujours se missionner, de chercher la complexité, la lutte. Je me suis dit qu’un retour chez soi, à la maison, pouvait être serein aussi. Que je n’étais pas obligée de m’imposer ce stress-là. Que j’avais le droit de m’écouter. J’ai commencé à rebrousser chemin…et puis je me suis dit que j’allais un peu attendre, laisser s’éloigner ceux qui me faisaient peur, pour à nouveau m’engager dans ce grand couloir vide. Ce que j’ai fait, au pas de course et en serrant les fesses !J’arrive enfin sur le quai, désert. M’y rejoignent quelques âmes perdues que seul le métro accueillent encore. Un homme qui titube, un jeune qui a l’air de souffrir de schizophrénie et qui s’engueule tout seul, un petit groupe de punks à chiens qui se balancent des cigarettes de chaque côté de la voie. 

Et d’un coup, là, à presqu’une heure du matin, au milieu de cette faune nocturne improbable dont je fais partie…devant moi, avance sur le quai, cramponnée à son sac à main, une octogénaire endimanchée.Je suis surprise de voir une dame non plus d’un certain âge, mais d’un âge certain, à cette heure si tardive dans le métro. Elle me fonce droit dessus et vient s’asseoir juste à côté de moi sur le banc du quai.D’un coup, la tendance s’inverse totalement. Je réalise que c’est volontairement, qu’elle me colle. Que c’est auprès de moi qu’elle vient chercher la sécurité. (cette même sécurité que je cherchais chez d’autres, un peu plus tôt.)

Oui, visiblement, je lui inspire confiance (ce qui me rassure un peu, au vu de mes voisins de quai !) et je constate à quel point, cette femme, me fait un magnifique cadeau :  elle me montre que comme pour tout, c’est à l’intérieur, que tout se passe.  Qu’après avoir cherché à l’extérieur de moi, la sécurité, finalement, la vie m’envoyait quelqu’un pour laquelle je représentai la sécurité, ici et maintenant.(je ne suis pas en train de vous annoncer que je vais m’acheter un bombers et me réorienter vers une carrière de Bodyguard.

And IIIIIIIII, will, alwayyyyyys…

Non! Vous savez ce que les mauvaises langues disent ? qu’on est toujours le bouffon d’un autre. Bon, et bien en développement personnel, on préfère dire que plutôt que de compter sur les autres, plutôt que d’aller chercher bonheur, amour, sécurité à l’extérieur…il suffit simplement de constater que tout est déjà là, à l’intérieur. Et la vie est tellement bien faite, que quand on a les yeux un peu embués, que l’on n’arrive pas à voir la magnifique personne que nous sommes, c’est parfois grâce à un inconnu, que l’on se reconnaît !