"Donald Trump a tout ruiné au bout d’une heure de débat, en une phrase"

  • A
  • A
A la Une de la presse américaine est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
Partagez sur :

Dans la nuit de mercredi à jeudi avait lieu le 3e et dernier débat télé entre Trump et Clinton. Le milliardaire très en retard dans les sondages, devait essayer de remonter la pente. Pari raté.

Le début du débat aurait pu faire croire qu'il allait réussir à remonter la pente de la crédibilité : il avais enfin pris une posture présidentielle : pas d’interruptions intempestives, regard profond, et surtout discours très conservateurs sur les armes et sur l’avortement. Même s’il faisait toujours des phrases qui ne finissent pas, il avait plutôt bien attaqué Hillary Clinton sur la politique étrangère, et le bourbier au moyen-orient,de quoi plaire à un électorat républicain échaudé par sa personnalité.

Respectera les résultats, respectera pas ? Mais Donald sera toujours Donald. Il a tout ruiné au bout d’une heure de débat, en une phrase. Alors qu'on lui demande s’il respectera les résultats de l’élection, alors qu’il répète qu’elles sont truquées, il répond : "Je verrai, je vais laisser le suspense". C’est du jamais vu. Hillary Clinton s’est dite "horrifiée", et après le débat les télés sont parties en toupie sur le sujet. La porte-parole de Trump a dû tout de suite expliquer que bien sûr, il respecterait le résultat (mais que ça serait facile parce qu’il allait gagner).

"Bill Clinton a fait pire". Le mal est fait : Trump devait rassurer, il a fait peur. Pour gagner, il a besoin des voix des hommes blancs diplômes mais ceux-ci ne voteront pas pour un candidat qui nie la grande démocratie américaine. Et puis, si c’était possible, Donald Trump avait aussi besoin de se réconcilier un peu avec l’électorat féminin. C'est aussi raté. Invité à répondre aux accusations d’agression sexuelle, il a déclaré : "C’est faux, et Bill Clinton a fait pire". Enfin, à la fin du débat, il insulte Hillary Clinton alors qu'elle parle. "Quelle méchante femme", glisse Donald Trump. Pas sûr que l’argument suffise pour renverser la tendance d’ici au 8 novembre.