Comment se passe un meeting de Donald Trump ?

  • A
  • A
A la Une de la presse américaine est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
Partagez sur :

Plongée au cœur d'un meeting de Donald Trump en Caroline du Nord.

Ça commence par une musique pompeuse. Il y a aussi une annonce : "si des manifestants anti-Trump ont infiltré le meeting, ne les touchez pas SVP, appelez les services de sécurité". Il y a déjà eu des dérapages. Et puis Donald Trump descend du ciel : il arrive en avion. Meeting sur un aérodrome, c’est pratique. Donald Trump sort de son Boeing noir frappé de son nom et déroule son discours type où il coche toutes les cases. D’abord, "je suis le candidat anti-système" : "La moitié de nos politiciens sont corrompus, l’autre est stupide". Bien sûr, la pire, c’est "Hillary la Crapule", sa formule favorite. Là, la foule se met à scander immanquablement "mettez-la en prison".

Ensuite, vient le tour des médias, qui mentent. Trump désigne l’estrade des journalistes et des télés. Tout le monde se retourne, une type à casquette rouge fait des doigts d’honneur aux caméras. Bonne ambiance.

Vient la case "on nous vole nos jobs." Ils sont partis en Chine ou au Mexique. Trump promet même de forcer Apple à construire ses iPhone aux États-Unis. Dès que Trump dit Mexique, il y a forcément quelqu'un qui crie "construisons le mur". Celui promis par le candidat républicain pour fermer la frontière. Puis vient alors le tour des immigrants illégaux qui sont des criminels.

Je ne vous cache pas qu’il y a un petit côté disque rayé chez Trump. Mais ses fans viennent le voir comme ils iraient au concert de leur groupe préféré : ils connaissent par cœur les paroles. J’étais au milieu de la foule et je les entendais finir ses phrases. Dans la foule, il n’y a que des blancs. Certains supporters sont des caricatures, comme ce retraité qui m’a répondu, sur les propos obscènes de Trump, "au moins ça prouve qu’il n’est pas homosexuel, c’est une bonne chose". Mais on croise aussi ce couple de restaurateurs touchants, désespérés de ne pas s’en sortir et qui voit en Trump son seul espoir de changement.