Vot'action, jour 2 : les cheminots assurent que la consultation sera fiable

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Pour ou contre la réforme ferroviaire ? La consultation organisée par les syndicats auprès des 146.000 cheminots est critiquée pour son organisation et sa transparence.

Pas de bureaux de vote, pas d'isoloirs, pas de listes d’émargement, pas d'enveloppes… Lundi, au premier jour de la consultation lancée par les syndicats SNCF sur la réforme du rail, l'organisation semblait pour le moins compliquée. Et pour cause, cette consultation, appelée "vot'action" par les syndicats, a été mise en place à la va-vite, et sans l'aval de la direction. De fait, sa crédibilité est remise en cause.

Des urnes mobiles. Seules des urnes mobiles et des bulletins à cocher - "pour" ou "contre" la réforme - sont à la disposition des 146.000 cheminots du groupe appelés à donner leur avis. "On va aller voir chaque collègue de chaque métier, et se poser pendant une heure, deux heures, une demi-journée… Tout dépend comment ça va se passer. Et on va tourner ainsi sur toutes les gares et tous les chantiers", explique Mélina, de la CGT-Gare de Lyon, interrogée par Europe 1. Dans ces conditions, les syndicats visent au moins 60% de cheminots votants.

Le risque de bourrage d'urnes évacué. Deuxième élément complexe à gérer : le risque de fraude, car les votants s'inscrivent eux-mêmes sur des fiches vierges. Si un même nom apparaît à plusieurs reprises, une procédure a été mise en place. "On n'ira pas voir l'agent dans un premier temps, mais on fera remonter à chaque région. Ce sera à elle de décider. Chaque personne ne votera bien qu'une seule fois", assure Régis Payot, délégué du personnel, au micro d'Europe 1. Or, ces doublons ne pourront être vérifiés et décomptés qu'après coup. Un problème qui n'en est pas vraiment un pour le syndicaliste, qui soutient : "Très sincèrement, il n'y a pas beaucoup de cheminots qui sont d'accord avec cette réforme…" La tendance du vote serait alors, selon lui, déjà largement connue.

Des urnes gardées dans les locaux syndicaux. Enfin, la consultation s'étalant sur une semaine, il va falloir surveiller chaque urne la nuit. "Elles vont être gardées dans les locaux syndicaux. Vous imaginez bien que pendant cinq jours, on ne peut pas mettre quelqu'un devant chaque urne, mais elles seront sécurisées. Il n'y a pas de risques de bourrage d'urnes", jure Christophe Buffard, secrétaire régional de l'Unsa-Ferroviaire.

Pour la direction de la SNCF, cette consultation ressemble plus à une pétition qu'à un référendum d’entreprise. Le vote reprend mardi et sera clos lundi 21 mai, à 10 heures.