Victoire de Trump : "Il a été élu président, pas dictateur" (Nasdaq)

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Victoire de Trump : "Il a été élu président, pas dictateur" (Nasdaq)
Pour Bob Greifeld, une période "anti-commerce" et "anti-mondialisation" s'ouvre.@ PATRICIA DE MELO MOREIRA / AFP
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Le patron du Nasdaq, Bob Greifeld, s'est voulu rassurant sur le cours des marchés, quelques heures après la victoire de Donald Trump.

La victoire du candidat républicain Donald Trump aux élections américaines est un signal d'alarme pour le monde des affaires, qui doit mettre en avant les bienfaits de la mondialisation et du commerce, a estimé mercredi le patron du Nasdaq, l'indice boursier américain à dominante technologique.

Séparation des pouvoirs. Bob Greifeld, qui était présent au Web Summit de Lisbonne, la grand-messe technophile européenne, a toutefois relativisé l'impact de la surprenante victoire de Donald Trump pour la démocratie américaine et l'entreprise qu'il dirige. "Les pères fondateurs ont prévu une séparation des pouvoirs. Il a été élu président, pas dictateur", a ainsi rappelé Bob Greifeld lors d'une intervention au Web Summit. "Nous continuerons donc à faire ce que nous avons à faire", a-t-il ajouté, avant de sonner la cloche marquant l'ouverture des échanges du Nasdaq.

Une "fuite" vers les valeurs sûres. Cet indice était stable à l'ouverture, après que les marchés asiatiques et européens aient été déstabilisés par les craintes concernant l'impact du message populiste de Donald Trump sur l'activité économique. Bob Greifeld a assuré que le Nasdaq pourrait gérer aisément la hausse du volume des échanges attendue mercredi, jugeant que l'appétit pour les bonds du Trésor américain traduisait une fuite vers les valeurs sûres qui allait "persister pendant un certain temps". D'après lui, les titres liés au secteur financier, ainsi qu'aux soins de santé et aux assurances, devraient profiter dans le court terme de l'arrivée au pouvoir de Trump.

Une ère "anti-mondialisation". Les marchés mondiaux avaient également été secoués par le référendum britannique en faveur d'une sortie de l'Union européenne, mais se sont apaisés depuis, a fait valoir le patron du Nasdaq. Toutefois, au-delà des marchés financiers, Bob Greifeld a considéré que le Brexit, et maintenant la victoire de Trump, devraient servir d'alerte pour le milieu des affaires et ses dirigeants."Le Brexit était un début, quand nous parcourons nos bureaux à travers l'Europe nous observons un mouvement populiste d'extrême droite qui, à en croire le Brexit et les élections américaines, est sous-évalué par les sondages", s'est-il inquiété. "Nous entrons dans une période qui est fondamentalement anti-commerce et anti-mondialisation et, en tant que communauté des affaires, nous devons faire un meilleur boulot pour en présenter les bienfaits", a-t-il ajouté.