Viande de cheval : les acteurs du scandale

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Viande de cheval : les acteurs du scandale
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Qui est impliqué dans l’affaire de fraude alimentaire découverte chez Findus ? Passage en revue.

Ce qui au départ semblait n’être qu’une erreur isolée est en train de devenir un exemple de l’opacité de l’industrie agroalimentaire, notamment dans les plats préparés. La découverte d’une fraude sur la nature de la viande commercialisée par Findus au Royaume-Uni a provoqué une polémique à l’échelle européenne sur la composition des plats préparés. Quelles entreprises sont concernées et que disent-elles de ce scandale ?
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• FINDUS, LE VENDEUR. C’est par le géant suédois de l’agroalimentaire que le scandale est arrivé. Créé il y a cinquante ans, Findus est aujourd’hui le leader du secteur des surgelés en France et représente même 80 % de l’offre française dans le domaine du poisson surgelé. Il est également présent en Europe du Nord, en Espagne et au Royaume-Uni, où ont été découvertes les lasagnes confectionnées à partir de viande de cheval.

Ce qu’il en dit. Bien qu’accusé de négligences, voire d’avoir encouragé de telles dérives en tirant les prix vers le bas, Findus s’estime victime. Le groupe accuse même son sous-traitant, Cogimel, de l’avoir berné. "Nos juristes travaillent d'arrache-pied aux poursuites judiciaires que nous allons engager", a prévenu le PDG de Findus.
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COMIGEL, LE SOUS-TRAITANT. Cette PME basée à Metz, dans l'Est de la France, fabrique pour de nombreuses sociétés des plats préparés commercialisés dans 16 pays européens. Elle a notamment pour client Findus, mais aussi Picard et de nombreuses marques  distributeurs (Auchan, Casino, Carrefour, Système U, Cora, Monoprix, etc.). C’est de son usine luxembourgeoise que sont sortis les plats préparés incriminés.

Ce qu’il en dit. La société Cogimel s’estime, elle aussi, flouée et accuse son fournisseur. "Nous avons été victimes et on voit bien aujourd'hui que le problème n'est ni chez Findus ni chez Comigel", a martelé dimanche son président, Erick Lehagre. Ce dernier va donc "demander réparation".

SPANGHERO, LE FOURNISSEUR. Findus et Comigel n’étant pas producteur mais seulement en charge de l’assemblage et de la commercialisation, ils ont recours à un spécialiste de la viande, Spanghero. Filiale du groupe Poujol, cette entreprise fournit des blocs de viande au meilleur prix et passe souvent par des intermédiaires pour y arriver. La viande de cheval présentée comme du bœuf a ainsi été achetée surgelée auprès d'un trader chypriote, qui l’a lui-même acquise via un trader néerlandais.

Ce qu’il en dit. Barthélémy Aguerre, président de Spanghero, a estimé dimanche sur France 2 que le responsable est l'abattoir roumain, "ou l'opérateur qui a mis ça (l'étiquette sur les lots affirmant qu'il s'agissait de boeuf, ndlr). Je ne sais pas si c'est l'abattoir ou s'il y a encore un autre intermédiaire".

Lundi, Barthélémy Aguerre est une nouvelle fois intervenu lundi devant le siège de son entreprise à Castelnaudary, dans l'Aude. Spanghero "tient à rappeler qu'elle exerce son activité dans le strict respect des réglementations européennes et françaises au service de ses clients et du consommateur final", a-t-il déclaré.

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© Reuters

L'ÉNIGMATIQUE PRODUCTEUR DE VIANDE. En remontant le fil des multiples intermédiaires mandatés par Spanghero, on arrive en Roumanie, où a été découpée la viande. Auprès de quelle entreprise et dans quel abattoir ? On l’ignore encore mais les producteurs roumains sont catégoriques : il est impossible de confondre de la viande de boeuf et celle de cheval. A leurs yeux, l’acheteur français Spanghero a donc été négligeant, victime de ses intermédiaires ou a tout simplement acheté sciemment du cheval.

Ce qu’il en dit. "J'ai du mal à croire qu'un abattoir roumain ait pu livrer du cheval sous l'étiquette de boeuf", a réagi le président des syndicats de l'industrie alimentaire (FSIA), Dragos Frumosu. Et ce dernier d’accuser en retour Spanghero : s'il "n'a pas protesté lors de la réception en constatant que c'était du cheval et pas du boeuf, c'est que soit il était complice avec le producteur roumain, soit il a changé l'étiquette après".
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