Unilever ne lâchera pas son Eléphant

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Unilever ne lâchera pas son Eléphant
Arnaud Montebourg est prévenu : le groupe Unilever estime avoir fait assez de concessions dans le dossier Fralib et n'ira pas plus loin.@ MAXPPP
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Le gouvernement veut relancer l’usine de tisane, mais l’ex-propriétaire refuse d'en faire plus.

Dossier emblématique de la désindustrialisation dans les Bouches-du-Rhône, l’usine Fralib figure en bonne place parmi les priorités du gouvernement. L’Etat veut relancer l’activité du site et demande à l’ancien propriétaire, le géant agro-industriel Unilever, de céder sa marque de tisane Eléphant. Mais ce dernier refuse une telle intrusion dans ses affaires et prévient : si le gouvernement passe en force, il risque de faire fuir entreprises et investisseurs.

L’Etat et la ville de Marseille au secours de Fralib

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© MAXPPP

Confronté à une baisse de la consommation de thé et de tisane en sachet, le groupe Unilever, qui commercialise les marques Lipton et Eléphant, a décidé de fermer le site de Fralib, situé à Gémenos, près de Marseille.

Le 20 avril 2012, la justice a validé le plan de sauvegarde de l'emploi mis en place par Unilever pour accompagner la fermeture de l'usine, conduisant l’Etat et les collectivités territoriales concernées à monter au créneau. Outre Arnaud Montebourg, qui a assuré les salariés de son soutien, la communauté urbaine de Marseille (MPM) a racheté le terrain et les bâtiments, ainsi que tous les équipements et matériels industriels du site.

Un objectif : relancer l’activité

Le plan du ministre du redressement productif et des élus locaux est limpide : relancer l’activité pour sauvegarder les emplois. Le groupe Unilever en est, lui, persuadé : le site de Fralib n’est pas viable à moyen et long terme.

Pour permettre de relancer l’activité, les politiques ont néanmoins demandé à Fralib un soutien en deux actes : que le géant de l’agro-alimentaire cède sa marque de tisane Elephant et s’engage à acheter une partie de la production de l’usine Fralib.

Unilever refuse qu’on lui force la main

Si le groupe a accepté de vendre ses installations à la communauté urbaine de Marseille, son soutien s’arrête là : il est hors de question d’accéder aux requêtes des élus. "Il n'est pas question de céder la marque Eléphant ou de sous-traiter des volumes", a  prévenu lundi le directeur général d'Unilever Paul Polman dans un entretien au Figaro.

Craignant une nouvelle polémique avec le retour de vacances du gouvernement et des parlementaires, Unilever a donc pris les devants pour marteler sa position : pour la multinationale, l’aventure Fralib s’arrête là. Une piqûre de rappel qui intervient alors qu'une délégation de salariés de Gémenos doit être reçue le 31 août à l'Elysée.

La firme invoque le risque de faire fuir les investisseurs

Malgré cette rencontre qui s’annonce très médiatisée, "c'est très clair, le dossier est clos", a martelé le directeur d’Unilever. Et ce dernier de hausser le ton en soulignant que si le gouvernement revient à la charge, voire envisage une loi sur les sites rentables qui ferment, il risque de décourager les entreprises souhaitant investir en France.

"Si la France ne respecte pas ses lois, cela fera peser un risque sur les investissements en France", a-t-il souligné, avant d’ajouter : "certains de mes homologues se posent la question et j’observe que les investissements étrangers directs en France ont baissé ces derniers mois". Avec ce chantage à l’emploi et à l’investissement à peine voilé, la trêve estivale est déjà finie.

Un salarié du site Fralib chez Unilever

© Reuters