Une seconde chance pour General Motors

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Une seconde chance pour General Motors
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Le constructeur américain General Motors a déposé son bilan lundi et entame une procédure de redressement de deux à trois mois, avec l’aide de l’Etat, qui détiendra 60% du capital. Barack Obama juge le plan de redressement "viable et réaliste" et affirme que c'est une "seconde chance" pour GM.

Barack Obama a affirmé lundi sa confiance dans la réussite rapide du plan élaboré pour sauver General Motors, passant par une prise de contrôle du constructeur automobile par l'Etat qui a déposé son bilan lundi. Le président américain a justifié lundi l'intervention de l'Etat au secours de General Motors et Chrysler en déclarant que l'effondrement des deux constructeurs automobiles aurait causé des "dégâts énormes" à l'économie. Pour le président américain, le plan élaboré pour le constructeur automobile General Motors est "viable et réaliste". Il a fixé pour objectif de désengager "rapidement" l'Etat fédéral de General Motors après avoir aidé le constructeur automobile à se remettre sur pied.

Le dépôt de bilan du géant automobile General Motors est le troisième plus gros dépôt de bilan de l’histoire des Etats-Unis. Le constructeur doit désormais en tamer une procédure de redressement. Au terme de cette restructuration, l'Etat fédéral détiendra quelque 60% du capital du "nouveau GM" en échange d'une aide totale de 50 milliards de dollars, y compris les 20 milliards de fonds publics déjà injectés dans l'entreprise. L'Etat canadien et le gouvernement de l'Ontario apporteront une aide de 9,5 milliards de dollars et prendront en échange 12% du capital.

Le plan de sauvetage de ce monument de l'industrie américaine, naguère symbole de la puissance économique du pays, est un pari pour l'administration Obama. Mais la présidence n'avait pas d'autres options : GM emploie directement 92.000 salariés aux Etats-Unis et est indirectement responsable d'un demi-million de retraités.

GM, fondé en 1908, n'a cessé de perdre des parts de marché depuis le début des années 1980, quand il détenait encore 45% du marché américain. Le groupe paie ainsi sa trop grande dépendance aux gros 4x4, pick-up et autres modèles très gourmands en carburant. Il a également été touché de plein fouet par la crise du crédit qui s'est traduit par un effondrement des ventes de voitures à travers le monde. Aujourd'hui, il a été délogé par Toyota du premier rang des constructeurs. Ses dettes s'élèvent à 172 millions de dollars soit deux fois plus que ses actifs. Sept usines vont fermer, 20.000 employés vont être licenciés d'ici 2011.

General Motorsretrouvera t-il grâce aux yeux des consommateurs ? Les chances sont minces tant que durera la récession. Après 84 ans de longévité, GM a en effet décroché à Wall Street lundi et le New York Times conseillaient aux petits porteurs de vendre leurs actions sur eBay comme collectors.