Une récession mondiale peu probable malgré le Brexit

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Une récession mondiale peu probable malgré le Brexit
@ MANDEL NGAN / AFP
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Selon la présidente du Fonds monétaire international Christine Lagarde, une récession mondiale est peu probable malgré le départ du Royaume-Uni de l'Union européenne. 

Le vote sur le Brexit a peu de risques de provoquer une récession planétaire mais doit pousser l'UE à la transparence afin d'enrayer le "désenchantement" citoyen, a déclaré la patronne du FMI Christine Lagarde.

"Plus cette incertitude va durer plus le risque sera grand". "C'est une des principales sources de risques pour le moment mais nous ne pensons pas qu'une récession mondiale soit très probable", a déclaré la responsable, interrogée sur l'impact du vote britannique en faveur d'une sortie de l'Union européenne. Ses effets "immédiats" se feront d'abord sentir au Royaume-Uni avec des "retombées" dans le reste de la zone euro, a assuré Christine Lagarde pressant Britanniques et Européens à s'entendre au plus vite sur un "calendrier" de séparation pour "réduire les incertitudes". "Le mot clé dans cette affaire de Brexit est l'incertitude et plus cette incertitude va durer plus le risque sera grand", a déclaré la dirigeante qui vient d'entamer son deuxième mandat de cinq ans à la tête du FMI.

"Il est possible que je m'en sois moi-même rendue coupable". Selon elle, le vote en faveur du Brexit révèle par ailleurs un certain "désenchantement" lié à la complexité et à l'opacité des institutions européennes. "L'UE doit faire beaucoup plus pour expliquer de manière plus transparente ce qu'elle fait, ce que cela signifie pour la population, les coûts et bénéfices de son action", a assuré cette grande habituée des raouts européens. Elle a toutefois également appelé les pays membres de l'UE à cesser de blâmer Bruxelles pour "tout ce qui va de travers". "Je l'ai vu moi-même et il est possible que je m'en sois moi-même rendue coupable", a admis l'ancienne ministre de l'Economie française (2007-2011).

Christine Lagarde se veut "optimiste". L'issue du scrutin britannique du 23 juin pourrait, selon elle, également être liée à une caractéristique des consultations référendaires qui veut que les électeurs ne répondent souvent pas à la question qui leur est posée. "Quelle que soit la simplicité de la question, les gens s'attachent aux sujets qui sont les plus pressants dans leur esprit", analyse Christine Lagarde. Malgré l'incertitude économique, la directrice générale du FMI se montre toutefois "optimiste": le Brexit pourrait paradoxalement être un "catalyseur" poussant les pays de l'UE à approfondir leur intégration économique.