"Une photographie très noire" de France Télécom

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"Une photographie très noire" de France Télécom
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Les conclusions de l'audit sur le stress ont été rendues lundi. Un quart des salariés sont dans "une situation de risque".

Seulement 39% des salariés de France Télécom se disent "aujourd'hui" fiers d'appartenir à leur entreprise, alors qu'ils sont 96% à affirmer qu'ils étaient fiers "auparavant", selon des éléments communiqués par les syndicats lundi, après la remise des résultats du questionnaire sur le stressdans l'entreprise rempli par 80.000 salariés. Il avait été lancé le 19 septembre par le cabinet d'expertise Technologia à la suite de plusieurs suicides de salariés.

Selon le questionnaire, un quart des salariés sont dans "une situation de risque", et connaissent au moins un des trois facteurs de risques identifiés par Technologia à France Télécom : des "conditions de travail difficiles", le "désajustement professionnel" et des "relations sociales dégradées. Le sentiment de dégradation est très fort chez les non cadres (75%) et chez les salariés ayant le statut de fonctionnaires (72%).

Le rapport insiste sur "la liaison entre conditions de travail difficiles et fragilisation de la santé physique et mentale", et montre que "beaucoup de gens pensent que les valeurs qu'elles défendent sont entrées en contradiction avec le management ou les objectifs de l'entreprise", a indiqué Pierre Morville (CFE-CGC).

L’étude souligne aussi "des relations sociales dégradées" liées "à la pression managériale et la disparition du collectif des collègues", a précisé Nabyl Beldjoudi (FO). Il révèle également des métiers "à risques" : ceux "liés à la vente et à la clientèle, comme la distribution, les centres d'appels, les interventions chez les clients".

"C'est une photo sans concession, mais sans surprise qui confirme les constats" faits par la direction sur le terrain et lors des négociations sur le stress entamées le 18 septembre, a indiqué la direction. Elle affirme que le "France Télécom de demain est en route", précisant que huit réunions de négociation avec les organisations syndicales "ont fait avancer les choses". Plusieurs décisions ont déjà été prises, rappelle-t-elle, comme "l'arrêt de la mobilité pour les salariés à moins de trois ans de la retraite", "une stabilité sur un nouveau poste pendant au moins trois ans", le "réexamen de l'ensemble des conditions de travail" et "5 à 10 millions d'euros consacrés à l'environnement de travail".

Un second rapport devait aussi être remis lundi, sur les alertes non suivies. Technologia a en effet synthétisé les procès verbaux des vingt comités d'établissements et des 250 à 300 Comités Hygiènes et Sécurité du groupe et a relevé plus d'une centaine d'alertes ignorées. La direction de France Télécom et les syndicats devraient se retrouver mercredi pour évoquer ces études et les premières pistes.