Une année noire pour l’agriculture

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Une année noire pour l’agriculture
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Crise du lait, aides agricoles et chute des revenus, le Salon s'ouvre dans un climat sombre.

Le 47e Salon de l'agriculture s'ouvre samedi sur fond d'inquiétude pour l'avenir de centaines de milliers d'exploitants. Pour le ministre Bruno Le Maire, l’année 2009 a été "calamiteuse", et l’Agriculture française traverse "la crise la plus grave qu’ait connu le secteur agricole depuis 30 ans". Europe1.fr fait le point sur les dossiers brûlants qui agitent le monde agricole.

Forte baisse des revenus. Les revenus agricoles réels des agriculteurs français ont chuté de 34% l'an dernier, après une autre baisse de 20% en 2008 qui suivait de fortes hausses en 2007. Les éleveurs laitiers figurent parmi les plus touchés, leurs revenus se sont effondrés de moitié tout comme les arboriculteurs et les producteurs de céréales et oléo protéagineux.

La crise du lait. L’'instabilité des prix est l’un des principaux problèmes qui touchent les agriculteurs. Ils peuvent varier de 30 à 50% d'une année sur l'autre. Le lait a ainsi chuté de 16 % cette année provoquant la colère des producteurs qui ont mené un long mouvement ces derniers mois. Ils demandent la création d’un office européen de régulation du lait.

Plan d’urgence. Pour faire face au malaise que traverse la profession, Nicolas Sarkozy a dévoilé en octobre dernier un plan d’aide aux agriculteurs comprenant un milliard d’euros de prêts bancaires, 650 millions de soutien exceptionnels, des prêts bonifiés et des exonérations pour appuyer l’emploi saisonnier. "Des enveloppes qui sont consommées de manière accélérée", a indiqué Bruno Le Maire cette semaine. Mais il a ajouté qu’aucun exploitant ne resterait sur le "bord de la route".

Loi de modernisation agricole. Un projet de loi de modernisation agricole sera examiné au Parlement après les élections régionales de mars. Il doit permettre de renforcer la compétitivité de l'agriculture française pour lui permettre d'aborder dans les meilleures conditions la réforme de la PAC, prévue à l'horizon 2013.

Repenser la PAC. L’enveloppe budgétaire 2014-2019 commence à être discutée à Bruxelles. La France essaie de se positionner. "C’est la France qui donne le la", a même assuré mercredi Bruno Le Maire. Les discussions qui se sont tenues lundi lors du conseil européen des ministres de l’agriculture se sont "faites à partir des propositions présentées par Paris pour donner à la PAC de l’après 2013 une orientation régulatrice", a-t-il indiqué. Il sait cependant que le chemin est long. Il faudra convaincre les Britanniques, notamment, qui sont contre la régulation.