A la retraite, ils attendent leur pension depuis un an

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A la retraite, ils attendent leur pension depuis un an
@ Reuters
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ADMINISTRATIF - Le gouvernement a promis une aide d'urgence pour des milliers de nouveaux retraités victimes du retard de l’administration.

Il n’est pas rare que les tout jeunes retraités se retrouvent à attendre quelques semaines voire plusieurs mois avant que leur première pension leur soit versée. Mais ceux qui ne représentaient que quelques cas isolés sont devenus légions dans le nord de la France et en région Languedoc-Roussillon : plusieurs milliers de nouveaux retraités sont concernés par ces retards qui peuvent dépasser un an, poussant certains à demander de l’aide aux associations caritatives. Le gouvernement a promis de régulariser leur cas mais aussi de verser une aide d’urgence aux plus en difficulté.

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A la retraite mais sans pension. La ministre des Affaires sociales l’a elle-même reconnu jeudi : plusieurs milliers de dossiers de retraite sont en attente de traitement par la Caisse nationale d'assurance vieillesse (Cnav). La faute, selon elle, à "un retard conjoncturel lié à un afflux de dossiers à traiter en 2014".

Plusieurs milliers de retraités sont concernés, principalement dans le Nord, la Picardie et le Languedoc-Roussillon : la Caisse d'assurance retraite et de la santé au travail (Carsat) de Nord-Picardie avait ainsi recensé quelque 6.000 en retard en septembre 2013, et autant un an plus tard.

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Certains retraités se retrouvent sans ressource. Parmi ces milliers de retraités, certains n’ont pas de retraite complémentaire ni d’économies personnelles. Résultat, "faute de revenu, un certain nombre de personnes sont contraintes pour vivre de recourir, pour la première fois de leur vie, à l'aide des associations caritatives et de solidarité", s'est indignée jeudi la sénatrice du Nord Michelle Demessine.

Accompagnée à Paris d'une délégation de responsables d’associations caritatives, la sénatrice Front de Gauche a donc interpellé l’Elysée. Lors d'un entretien avec le conseiller social du président de la République, elle demandé "que la Carsat Nord-Picardie ait enfin les moyens de fonctionner normalement et qu'une avance soit versée à ces milliers de retraités".

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Touraine

Une aide de l’Etat pour pouvoir patienter. Face à l’ampleur du phénomène, la ministre Marisol Touraine a annoncé jeudi deux mesures : d’abord une aide exceptionnelle pour les personnes en grave difficulté financière à cause de ces arriérés de traitement, mais aussi un plan pour que l’administration rattrape son retard. Les retraités privés de ressources et placés de ce fait en grave difficulté financière pourront percevoir, "dès la fin du mois de décembre", une "aide exceptionnelle d'attente" pouvant atteindre 800 euros, a précisé la ministre. Cette aide sera versée par les deux Carsat concernées.

A l’autre bout de la chaine, Marisol Touraine a demandé par ailleurs au directeur de la Caisse nationale d'assurance vieillesse (Cnav) de mettre en oeuvre "un plan d'action renforcé" pour mettre un terme à ces retards "avant la fin du mois de janvier 2015". Des "moyens, y compris humains" seront alloués pour que "plusieurs milliers de dossiers" soient traités "en urgence" dans d'autres caisses.

Il y avait déjà eu des alertes. De tels retards sont malheureusement courants, surtout pour les personnes ayant eu un parcours professionnel jalonné de nombreux petits boulots. Mais ils semblent de plus en plus nombreux et les retards de traitement de plus en plus long.

Ainsi, dès janvier 2014, le défenseur des Droits Dominique Baudis avait demandé à la Cnav de prendre "toutes les dispositions nécessaires" pour un retour à la normale et proposé que les bureaux des caisses concernées soient "ponctuellement fermés au public afin que les dossiers en souffrance soient résorbés au plus vite". Son successeur, Jacques Toubon, a demandé jeudi dans un communiqué "que cet effort soit poursuivi". Du côté des organismes sociaux, on explique cet engorgement par un manque de personnel. Et, pour ne rien arranger, la génération du baby-boom arrive à l’âge de la retraite, risquant de provoquer un nouvel afflux de dossiers

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