Un tiers du blé récolté est de mauvaise qualité

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Un tiers du blé récolté est de mauvaise qualité
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AGRICULTURE - Au moins 30% du blé moissonné cette année ne pourra pas servir à faire du pain, en raison des fortes pluies de juillet.

Trop d'eau pour le blé. Devant son silo à blé, au milieu d'une centaine d'hectares cultivés en Bourgogne, l'agriculteur Christophe Chambrette, n'en revient toujours pas. Dans sa main, des grains noircis et imbibés d'eau. Toute sa moisson de cette année a germé sur pied. "Le blé a commencé dans l'épi son processus de germination qu'il a normalement quand on le met en terre", explique-t-il. La raison est simple : "excès d'eau et abaissement des températures qui ont enclenché la germination". "Avec ça, on ne fait plus de pain", ajoute-t-il.

Le phénomène n'est pas limité à la seule Bourgogne. Selon les informations d'Europe 1, au moins un tiers du blé moissonné cette année est de mauvaise qualité, en raison du mauvais temps en juillet. Habituellement, on compte moins de 5% de blé germé. Mais en 2014, même les bonnes terres situées autour de Paris ont souffert.

>> Blé de bonne qualité à gauche, de mauvaise qualité à droite : constatez la différence :

blé mauvaise qualité Nicolas Rouyer

© Nicolas Rouyer/Europe 1

Nourrir les animaux. Que fait-on de ces récoltes impropres à la transformation alimentaire ? "70% de la collecte de blé est déclassée, et ne sera donc pas à destination de la panification, mais à destination fourragère, c'est-à-dire pour nourrir des animaux", explique Christophe Grison, président la coopérative Valfrance. Il n'a jamais vu ça depuis qu'il est devenu agriculteur, il y a 24 ans. "Je crois qu'il faut remonter jusqu'à 1963 pour voir des phénomènes à peu près identiques", se souvient-il.

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Pas de panique, toutefois : les professionnels assurent qu'il n'y aura pas de problème d'approvisionnement en farine pour fabriquer le pain. Mais ce sont les agriculteurs qui paieront la facture, avec à la clé une forte baisse de leurs revenus.