Un permis de construire pour les antennes-relais ?

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Un permis de construire pour les antennes-relais ?
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C’est l’idée proposée dans un rapport par le député UMP Alain Gest qui y voit un moyen d’améliorer la transparence.

Pour percer une fenêtre, construire une grande véranda, créer une mezzanine, les particuliers sont contraints de déposer un permis de construire. Pour installer une antenne-relais de moins de 4 mètres, les opérateurs de téléphonie mobile n’ont besoin, de leur côté, ni d’un permis de construire, ni même d’une simple déclaration de travaux. Le député UMP Alain Gest propose dans un rapport parlementaire présenté mercredi de mettre fin à cette situation.

La législation actuelle précise que "les maires, sans qu’il s’agisse d’une obligation spécifique, exercent un contrôle sur l’installation de ces antennes lorsqu’elles nécessitent des autorisations d’urbanisme". Mais sauf sites classés, monuments historiques ou réserve naturelle par exemple, la marge de manœuvre des élus locaux est réduite. Le Conseil d’Etat a dans le passé retoqué des arrêtés d’interdiction d’installation d’antenne-relais.

Rendre obligatoire un permis de construire permettra, selon Alain Gest, de "faire preuve d'une plus grande transparence pour répondre aux inquiétudes". En faisant un tour de Francecet été, des militants écologistes avaient découvert des antennes-relais dissimulées dans des clochers d’église en Alsace.

Mais sur le fond, c’est-à-dire sur les dangers que représenteraient les ondes liées à ces antennes-relais, le député Alain Gest s'insurge contre tout "alarmisme excessif". Interrogé par Le Parisiensur les éventuels troubles, notamment les maux de tête et insomnies, provoqués par les antennes-relais, l'élu estime que "le lien de causalité entre cette souffrance et les antennes n'est pas démontré". Il préconise de poursuivre les recherches, en les finançant par une taxe sur les téléphones vendus, et de mettre en place un site internet d’information officiel.

Une position qualifiée d'"irresponsable" par les associations Priartem et Agir pour l'environnement. Elles s'interrogent sur la "contradiction évidente" avec l'avis de l'Agence de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail, publié le 15 octobre, qui, faute de preuves sur les ondes électromagnétiques, plaidait pour l'application du principe de précaution. Alain Gest dit lui préfèrer le "principe d'attention".