Un G20 au goût d’inachevé

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Un G20 au goût d’inachevé
@ REUTERS
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La crise de la dette en Europe a monopolisé les débats, devenus une sorte d’avant-sommet de l’UE.

Bien que réunissant les principales puissances économiques des cinq continents, le G20 n’a eu d’yeux que pour l’Europe. La crise de la dette sur le Vieux continent a en effet été au cœur des débats, le G20 demandant aux Européens de mettre fin à leurs divisions et d’agir contre la crise.

Autant de questions qui devraient tranchées les 28 et 29 juin prochains, lors du prochain sommet de l’UE. En l’absence d’annonces fortes, le G20 a donc surtout servi à mettre les Européens face à leurs contradictions pour qu’ils s’accordent entre eux.

Croissance et crise de la dette, sujets incontournables

Si l’économie européenne patine déjà depuis de longs mois à cause de la crise, le ralentissement économique commence à aussi se faire ressentir dans les autres zones du monde. Les Etats-Unis voient le chômage repartir à la hausse, Brésil et Inde revoient leur croissance à la baisse, tandis que la Chine observe une baisse continue de ses exportations vers l’Europe.

"Les membres du G20 prendront les mesures nécessaires pour renforcer la croissance mondiale et restaurer la confiance", indique donc le communiqué final du G20, avant de préciser que "les pays ayant des marges de manoeuvres budgétaires se tiennent prêts à coordonner et à mettre en œuvre des actions budgétaires discrétionnaires pour soutenir la demande intérieure".

A l’UE de se mettre d’accord

En Europe, le pays disposant de marge de manœuvre a un nom : l’Allemagne. Or Angela Merkel refuse d’injecter de l’argent en Europe si celle-ci ne s’engage pas dans un train de réformes structurelles. Pour "restaurer la confiance", le G20 demande donc à l’Europe, identifiée comme le foyer de l’actuel marasme économique, de régler ses problèmes.

"D'une certaine manière c'était un sommet du G20, d'un autre côté c'était une réunion préparatoire au sommet européen", a décrypté David Shorr, expert en diplomatie de la Fondation Stanley, organisation américaine qui promeut le multilatéralisme.

"Il est extrêmement intéressant d'entendre toutes les parties du monde, des Etats-Unis à l'Asie, demander à l'Union européenne, et en particulier la zone euro, d'approfondir son intégration", s’est félicité le président la Commission européenne José Manuel Barroso, grand partisan d’un tel processus.

La feuille de route de Hollande validée ?

L'Europe doit "avoir sa propre réponse" à la crise, sans attendre de "réponse de l'extérieur", a renchéri François Hollande, soulignant la nécessité pour la France et l'Allemagne de "travailler ensemble".

Pour convaincre l’Allemagne, le président français a néanmoins un atout de poids : les Etats-Unis, qui redoutent avant tout la poursuite des politiques de rigueur en Europe. Reste à savoir si les appels du pied des membres du G20 feront évoluer les positions de l’Allemagne. Réponse le 28 et 29 juin prochains.