Un audit souligne la situation "alarmante" de l'ex-région Poitou-Charentes

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Un audit souligne la situation "alarmante" de l'ex-région Poitou-Charentes
L'opposition de droite somme l'ex-présidente PS, Ségolène Royal, de "s'expliquer"@ STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
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Un audit de la nouvelle région Aquitaine/Limousin/Poitou-Charentes a mis au jour la "situation financière alarmante" de l'ex-Poitou-Charentes, dirigé par Royal.

Un audit de la nouvelle région Aquitaine/Limousin/Poitou-Charentes (ALPC) a mis au jour la "situation financière alarmante" d'une des mariées, l'ex-Poitou-Charentes, tandis que l'opposition de droite a émis "un sérieux doute" sur la sincérité des comptes et demandé à son ex-présidente PS, Ségolène Royal, de "s'expliquer".

Sans la fusion, "la faillite". L'audit commandé par le président PS de la grande région Alain Rousset a souligné les ratios financiers "performants" de la nouvelle région ALPC au 31 décembre 2015, à la veille de la fusion, mais masquant des "hétérogénéités", en particulier une "forte dégradation" de la situation de Poitou-Charentes. Sans la fusion (des trois régions), "nous serions vraisemblablement en train de constater la faillite et la banqueroute de la région" Poitou-Charentes, a affirmé le président de la commission des Finances d'ALPC, Olivier Chartier (Les Républicains), en présentant à la presse les résultats de l'audit mené par Ernst & Young.

Epargne quasi-nulle. "Points noirs" de l'audit concernant le Poitou-Charentes: des retards de paiements s'élevant à 132 millions d'euros, et qui avaient déjà été révélés en février par Alain Rousset. Mais aussi une épargne "quasi-nulle" avec un taux net de 0,05%, une sous-budgétisation, "des dépenses qui ne sont pas inscrites au budget en fonction de la réalité des besoins", a énuméré pour sa part le vice-président de cette commission de Finances, le PS Florent Boudié. Le cabinet relève aussi, parmi les emprunts, "56 millions d'euros à très haut risque" qui nécessiteront un plan de désengagement, et 46 millions d'euros d'emprunts "à risque". Pèsent, enfin, deux crédits-bails pour le renouvellement de TER, obérant la capacité de désendettement.

"Un sérieux doute sur la sincérité". "C'est une gestion absolument pas maîtrisée, et qui connaît une accélération de sa dégradation très forte" depuis 2013, a résumé Florent Boudié. Olivier Chartier a déploré un "volontarisme politique" en forme de "fuite en avant, un tas de sable de dépenses reportées à des années ultérieures pour éventuel financement". Il a émis "un sérieux doute sur la sincérité des comptes présentés à l'époque". La Chambre régionale des comptes, saisie, devrait rendre un rapport à l'automne. C'est au juge des comptes, qu'il reviendra d'apprécier "d'éventuelles responsabilités", et d'engager le cas échéant des procédures, ont indiqué les élus.

D'ici là, Olivier Chartier a indiqué qu'un complément d'audit, plus poussé, sera engagé, et a estimé qu'il revient à la présidente de Poitou-Charentes de 2004 à 2014, et son successeur Jean-François Macaire "de s'expliquer, d'une façon ou d'une autre, sur la situation".