UE : "l’austérité" n'est plus à la mode

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UE : "l’austérité" n'est plus à la mode
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De plus en plus d’Européens prônent une rigueur modérée, pour ne pas tuer la croissance.

Alors que le traité budgétaire est en cours de ratification, la zone euro s’est attaquée jeudi soir au dossier de l’union bancaire. Mais si ces nouvelles règles de bonne conduite budgétaire doivent éviter à l'avenir de nouveaux accidents financiers, elles se traduisent par une austérité qui risque de réduire la croissance à néant. Les partisans d’une relance sont donc chaque jour de plus en plus nombreux et ils n’hésitent plus à se faire entendre.

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Une partie des Européens veut parler relance. C’était l’une des conditions posées par François Hollande, associé à l’Italie ou encore l’Espagne : le tour de vis budgétaire devra nécessairement s’accompagner d’une politique de relance pour ne pas empêcher tout retour de la croissance. Ce Pacte de croissance figure donc dans les projets de la zone euro et les Etats-membres ont réaffirmé vendredi son urgence.

Dernier indice d’un rééquilibrage des politiques européennes : plusieurs pays ont déjà annoncé une baisse de la fiscalité. Certes, les pays épargnés par la crise peuvent se le permettre, à l’image de la Suède ou de l’Allemagne, mais même l’Italie s’y met.

Le FMI (et le reste du monde) veut plus de souplesse. Préoccupée par la croissance atone, sa directrice générale, Christine Lagarde, a estimé mardi que la zone euro pouvait adopter un tempo "plus souple" de réduction des déficits. Lors de l’assemblée générale du FMI, vendredi 12 octobre à Tokyo, le Brésil a tenu le même discours, jugeant nécessaire "d’atténuer"  l'impact de l’austérité sur l'emploi et l'activité. Un point de vue partagé par les Etats-Unis et de nombreux pays émergents.
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La rue se fait de plus en plus entendre. Toute politique de rigueur a ses limites : les citoyens européens n’acceptent de jouer le jeu que s’ils croient que cela améliorera la situation à moyen et long terme. Mais à force d’encaisser les mesures difficiles alors que d’autres dossiers n’ont pas été réglés (paradis fiscaux, réglementation de la finance et des fonds d’investissement), la rue perd patience. Les manifestations sont incessantes en Grèce, elles prennent de l’ampleur en Espagne ou au Portugal et même le Royaume-Uni s’y met : un rassemblement est prévu samedi à Londres.

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LA RELANCE MAIS PAS POUR TOUS ?

Reste que si les Européens décident de rééquilibrer leurs politiques, les effets d’une possible relance ne seront pas ressentis de la même manière partout. Si la Suède ou l’Allemagne, avec une croissance qui résiste, pourrait en percevoir les effets rapidement, ailleurs rien n’est moins sûr.

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L’Italie, l’Espagne ou le Portugal pourraient profiter de ce ballon d’oxygène mais seulement indirectement, ces derniers n’ayant pas les moyens d’initier eux-mêmes ce genre de politique. C’est donc par le biais du tourisme et des échanges économiques avec les pays en forme que la relance pourrait porter ses fruits.

Quant à l’Allemagne, les effets d’une politique de relance par une baisse des impôts pourraient y être très limités. Dans un pays où les inégalités n’ont cessé de se creuser, ceux qui ne paient pas d’impôt ne bénéficieront d’aucun coup de pouce et rien n’indique que les autres consomment ce bonus fiscal : en temps de crise, ceux qui en ont les moyens sont très tentés par l’épargne.