UE : Hollande tape du poing sur la table

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UE : Hollande tape du poing sur la table
Le Premier ministre britannique, David Cameron, souhaite une réduction drastique du budget européen.
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Il dénonce l'Europe de "ceux qui viennent chercher leur chèque", visant ainsi les Britanniques.

François Hollande tape du poing sur la table. A trois jours du sommet européen qui doit déterminer le budget de l'Union jusqu'en 2020, il a fustigé lundi devant les maires d'outre-mer le comportement de certains chefs d'Etat, "qui viennent chercher leur chèque, leur rabais, leurs ristournes, parce que l'idée qu'ils se font de l'Europe, c'est d'obtenir exactement ce qu'ils ont versé."

Malgré tous les efforts déployés pour faire du sommet de Bruxelles jeudi et vendredi un succès, beaucoup d'observateurs restent sceptiques quant à la capacité des chefs d'Etat à trouver un accord.

France contre Royaume-Uni

Deux tendances s'affrontent. L'une, emmenée par les Britanniques, prône des coupes massives : David Cameron, comme son homologue suédois, réclame 150 à 200 milliards d'euros d'économies (sur un budget de 1.047 milliards), ainsi que des coupes franches dans les différentes politiques menées par l'Europe (politique agricole commune (PAC), politique de cohésion, politique en faveur de l'emploi et la croissance, etc.). Impensable pour la France, premier bénéficiaire de la PAC, qui lui rapporte neuf milliards par an.

L'autre tendance, emmenée par la France et l'Allemagne, défend une réduction moindre du budget, qui permettrait d'épargner les principaux budgets.

Haro sur le "chèque britannique"

Avec cette sortie, François Hollande s'est surtout emporté lundi contre le "chèque britannique", même s'il se refuse à désigner qui que ce soit "pour ne pas les fâcher". Ce rabais sur la cotisation du Royaume-Uni, obtenu en 1985 par Margaret Thatcher, représente aujourd'hui 3,5 milliards d'euros chaque année. Il y a 30 ans, ce rabais se justifiait par l'importance de la PAC dans le budget européen et le retard de développement économique de l'île.

Si ces arguments sont aujourd'hui dépassés, le Royaume-Uni profite toujours de cet avantage et n'a pas l'intention de l'abandonner. David Cameron a d'ailleurs averti qu'il était prêt à mettre son veto si quelqu'un osait proposer de revenir dessus. Une position qui recueille le soutien d'une majorité de citoyens outre-Manche : un sondage publié dimanche montre qu'ils sont 56 % à se prononcer en faveur d'une sortie pure et simple de l'Union européenne.