Turquie: les éleveurs français inquiets

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Turquie: les éleveurs français inquiets
L'ouverture du marché turc a permis une hausse de 0,50 centimes d'euros le kilo de viande
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REPORTAGE - Relancée par l'ouverture du marché turc, la filière bovine craint une nouvelle crise.

C'est la bouée de sauvetage de la filière bovine française. Depuis trois mois, la Turquie est devenue le premier acheteur de vaches françaises en dehors de l'Union européenne mais avec le vote de la loi sanctionnant la négation du génocide Arménien, les éleveurs sont inquiets. Ils pourraient être les premières victimes de la brouille entre Paris et Ankara.

Jean-Marie Lethielleux est éleveur à Cholet, dans le Maine et Loire. Cet éleveur de viande bovine perdait de l’argent sur chaque vache vendue depuis quatre ans. Mais en septembre tout a miraculeusement changé.

"Le marché turc s’est ouvert. On a vu tout de suite une embellie des prix avec une augmentation de 50 centimes du kilo", souligne Jean-Marie Lethielleux sur Europe 1. "Un jeune bovin qu’on vendait 3,50 euros aujourd’hui, il vaut 4 euros. Sur mon exploitation, ça représente à peu près 3.500 euros en plus depuis septembre par rapport à l’année dernière. C'est gâce à la Turquie puisque c’est l’export qui a permis cette augmentation là", précise l'éleveur.

Le spectre de la vache folle en 1996

Le marché turc était complètement fermé à la viande bovine française depuis la crise de la vache folle en 1996. En septembre, les Trucs ont réouvert leurs frontières. En quatre mois, 50.000 jeunes bovins tricolores ont déferlé sur les rives turques. Un eldorado pour une filière française en perdition.

"Les politiques qui ont voté cette loi, ont-ils pris en compte les dommages collatéraux qu’il pourrait y avoir ?", déplore Jean-Marie Lethielleux. "La Turquie a sauvé mes revenus pendant les trois derniers mois. On commençait à voir le bout du tunnel. Si on retourne dans ces travers là, c’est encore la fin de notre production", conclut l'éleveur.

 La fermeture du marché pourrait se traduire sur l’exploitation Lethielleux par une perte de 10 à 15.000 euros par an.