Trichet : "une bêtise" d'augmenter les salaires

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Trichet : "une bêtise" d'augmenter les salaires
Jean-Claude Trichet pense qu'augmenter les salaires dans la zone euro ne ferait qu'empirer les choses.@ EUROPE 1
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Invité du Grand Rendez-vous, le président de la BCE a plaidé pour une économie "responsable".

Si certains doutent de l'utilité du dernier G20, Jean-Claude Trichet, lui, y a vu la consécration de l'économie mondiale. Le président de la Banque centrale européenne (BCE) de Francfort, qui était l'invité dimanche du Grand Rendez-vous Europe1-Le Parisien, a qualifié la réunion de "grand succès."

Jean-Claude Trichet et "l'économie mondiale intégrée"

C’est un G20 qui a été "très utile, sérieux, positif", a-t-il jugé. "C’est l’endroit dans lequel on organise la coopération entre les pays qui ont une influence systémique, c'est essentiel", a poursuivi le responsable de la BCE.

Selon lui, le dernier G20 a mis en relief les mérites de l'"économie mondiale intégrée", à savoir d'un système économique régulé à l'échelle mondiale. "L’essence du G20, c’est précisément de faire en sorte que chacune des entités souveraines puisse considérer son intérêt national et l’économie mondiale intégrée", a-t-il ainsi développé.

D'après le président de la BCE, la coordination internationale découlant de l'économie intégrée est un "élément majeur de la prospérité et de la stabilité" mondiales. A noter que Jean-Claude Trichet s'est montré peu loquace quant à la Chine.

Revaloriser les salaires, "une bêtise"

Face aux revendications de hausse des salaires en Europe, Jean-Claude Trichet s'est montré très ferme. Pour lui, appliquer une telle stratégie, bien qu'alléchante du point de vue des salariés, serait "la dernière des bêtises à faire". "Il est parfaitement clair que ceux qui ont su maitriser leurs coûts connaissent le succès" en matière de lutte contre le chômage, a-t-il ainsi exposé, prenant l'Allemagne comme exemple.

Trichet remet en question les hausses de salaire :

Concernant les revendications en elles-mêmes, Jean-Claude Trichet s'est fendu de quelques remarques sociologiques. "Nous demandons le plus de sagesse" aux peuples, a-t-il ainsi lancé, exhortant les citoyens à choisir les gouvernants dotés d'un programme économique adapté à leur pays. "Mieux éclairé est le peuple souverain", meilleures sont les décisions que prennent les Etats concernés, a ainsi défendu le patron de la BCE. De son point de vue, il existe ainsi des "différences de lucidité" dans chaque pays, qui "donne un avantage considérable à ceux qui ont des opinions publiques lucides".

La monnaie unique est "extrêmement crédible"

"L’euro est une monnaie extrêmement crédible", a également assuré Jean-Claude Trichet. "Depuis la création de l’euro, en zone euro, 14 millions d’emplois ont été créés (...) sur la même période, seuls 7,8 millions d'emplois ont été créés aux Etats-Unis", a-t-il argumenté. Même si la zone euro a "une série de progrès à faire", l'euro présente, selon lui, nombre d'effets bénéfiques. "La balance des paiements courants est équilibrée, les déficits publics annuels en zone euro sont deux fois inférieurs au déficit du Japon ou des Etats-Unis", a-t-il aussi pris pour exemple.

Interrogé sur le cas du Portugal, dot le gouvernement pourrait demander une aide monétaire internationale, Jean-Claude Trichet a appelé les pays qui se sont dotés de plans (comme l'Irlande et la Grèce) à les suivre "de manière rigoureuse et impeccable".