Travail dominical : une réforme vidée de son sens ?

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Travail dominical : une réforme vidée de son sens ?
@ DOMINIQUE FAGET / AFP
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EDITO - Nicolas Barré, directeur de la rédaction des Echos, redoute que certains passages de la loi Macron soient purement et simplement détricotés.

L’examen par l'Assemblée nationale du projet de loi pour l'activité, la croissance et l'égalité des chances économiques, plus communément appelé loi Macron, touche à sa fin. Les députés doivent terminer leurs débats ce week-end, notamment sur l’un des aspects les plus symboliques de ce mille-feuille de mesures : le travail dominical. Mais pour l’éditorialiste d’Europe 1 Nicolas Barré, par ailleurs directeur de la rédaction des Echos, cette réforme "est en train de se transformer en gigantesque supercherie". En cause : une version finale bien modeste au regard des ambitions initiales du ministre de l’Economie.

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Ce que prévoit la loi Macron sur le travail dominical. Alors qu’un commerce ne peut actuellement ouvrir que cinq dimanches par an sur accord du maire, la loi prévoit de faciliter le travail dominical. Les commerces devraient alors pouvoir ouvrir jusqu’à douze dimanches par an. Dans les zones touristiques et commerciales, l’ouverture serait autorisée tous les dimanches de l’année, ainsi que dans les zones touristiques internationales (ZTI), voire dans certaines gares.

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Une réforme devenue "une publicité mensongère" ? A priori, la généralisation du travail dominical est sur les rails mais certains détails restent à régler, et pas des moindres : le choix final pourrait revenir au maire dans les zones qui ne sont pas classées comme ZTI. Si ce dernier est favorable à  la réforme, il pourrait autoriser douze ouvertures dominicales des commerces. Mais s’il y est opposé, il pourrait interdire toute ouverture ce jour-là.

Dans ce cas-là, la réforme du travail le dimanche serait quasi-vidée de son sens, estime Nicolas Barré dans son Edito éco. "Tel que c’est parti, la réforme du travail le dimanche est en train de se transformer en gigantesque supercherie. C’est un peu comme une publicité mensongère : on va avoir une belle loi, on dira qu’on a fait une belle réforme et dans la réalité rien ou presque n’aura changé", a-t-il avancé, ce qui est à ses yeux "consternant".

Et Nicolas Barré de pointer les "forces conservatrice dans ce pays" :



Travail le dimanche, tout un symbole !par Europe1fr

En ce qui concerne la définition des ZTI, le gouvernement a, selon les informations d’Europe 1, finalement préféré priver les maires d'un droit de veto pour éviter que le texte ne soit vidé de son sens.

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