Travail dominical : ces élus PS qui disent oui

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Travail dominical : ces élus PS qui disent oui
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Une dizaine de députés demandent un décret pour les magasins de bricolage d'Ile-de-France.

L'offensive. Si le gouvernement a répété son opposition au travail le dimanche, les élus locaux socialistes sont d'un tout autre avis en région Ile-de-France. Une dizaine de députés du PS ont en effet écrit au ministre du Travail Michel Sapin pour lui demander d'autoriser les magasins de bricolage d'Ile-de-France à ouvrir le dimanche. Olivier Faure, élu de Seine-et-Marne, ainsi que Bruno Le Roux, élu de Seine-Saint-Denis et président du groupe socialiste à l'Assemblée, figurent parmi les signataires. Le président de l'Assemblée, Claude Bartolone, dont le fief est la Seine-Saint-Denis, a également apporté son soutien à l'initiative.

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Ce qu'ils demandent. Alors que les magasins Bricorama ont été contraints en novembre 2012 de fermer leurs portes le dimanche et que ceux de Castorama sont en sursis, les élus demandent de nouvelles dérogations. Leur objectif : "obtenir un décret permettant aux magasins franciliens d'ouvrir leurs portes chaque dimanche", explique Olivier Faure au micro d'Europe 1. "Nous ne souhaitons pas généraliser le travail du dimanche. Nous souhaitons simplement permettre le maintien d'une ouverture du travail du dimanche pour les magasins de bricolage et seulement en Ile-de-France", a-t-il tenu à préciser.

25% d'achats le dimanche. Les signataires mettent en avant plusieurs arguments : pour les magasins en difficulté, fermer le dimanche les prive d'une précieuse journée de chiffre d'affaires. "En Ile-de-France, c'est 25% des achats en bricolage qui se font le dimanche exclusivement", souligne Olivier Faure. Les enseignes demandent donc l'ouverture dominicale, surtout à l'heure où la concurrence du commerce en ligne permet de consommer sept jours sur sept.

Les clients, eux, y trouveraient leur compte, particulièrement en Ile-de-France où de nombreuses familles passent beaucoup de temps dans les transports la semaine, selon Olivier Faure. Ils ne peuvent donc faire leurs courses que durant le week-end.

Des salariés dans la rue il y a une semaine. Quand aux salariés, "certains obtiennent des majorations salariales depuis fort longtemps parce qu'ils travaillent le dimanche", note l'élu. "Ils ont emprunté sur cette base-là et ils seraient en difficultés si, demain, ils devaient perdre cette majoration". Alors que les syndicats s'opposent à l'ouverture dominicale, un millier de salariés étaient eux descendus dans la rue le 14 mai pour la défendre, avec le soutien de leur direction. Ils avaient également déposé au ministère du Travail des pétitions en faveur du travail du dimanche signées selon eux par quelque 200.000 personnes.

"On n'est pas en train d'ouvrir un débat national", insiste Olivier Faure. Ce qu'il demande, c'est de "tenir compte des situations des clients mais aussi des salariés". Le ministère du Travail a, de son côté, répété qu'une évolution réglementaire pour élargir les dérogations n'était pas à l'ordre du jour, comme l'avait déjà affirmé Michel Sapin en décembre 2012.