Traité transatlantique : une crainte... et des fantasmes

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Traité transatlantique : une crainte... et des fantasmes
Les Européens et les Américains négocient depuis plusieurs mois sur les modalités du traité économie transatlantique.
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A cinq jours des élections européennes, de nombreux politiques utilisent les négociations sur un accord transatlantique de libre échange pour attaquer Bruxelles.

L’INFO. L’Europe et les Etats-Unis négocient en ce moment un traité de libre-échange qui suscite des réactions enflammées. L’objectif de l’accord : dégager de nouvelles marges sur le commerce transatlantique en harmonisant les normes de chaque côté de l’océan. Cet objectif créé à la fois des fantasmes, mais surtout des craintes. Le principale reproche fait à Bruxelles par ses pourfendeurs étant d’abdiquer face à Washington dans des négociations qui restent encore très secrètes.



Un traité plein de fantasmespar Europe1fr

Des fantasmes. “Les fantasmes, c’est ce qui réunit l’extrême-gauche et l’extrême-droite : ‘Ces méchants américains ultralibéraux qui veulent faire manger aux gentils Européens du poulet désinfecté au chlore, du boeuf aux hormones et ces lâches de Bruxelles sont prêts à dire amen’”, ironise mardi Nicolas Barré, éditorialiste à Europe 1.

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Le fait est que l’accord de libre-échange étant actuellement en négociations, il est possible que des concessions soient faites sur certains sujets. “Mais une négociation sert justement à se mettre d’accord sur ce qu’on accepte et sur ce qu’on refuse”, rappelle le directeur de la rédaction des Echos.

Un danger. Le seul point véritablement clivant est le fait que cet accord imposera très sûrement la mise en place d’une juridiction supra-étatique qui réglera directement les litiges entre les entreprises et les Etats. Ce type d’institution est très courant dans le cadre des traités économies internationaux, mais il inquiète au plus haut point les Européens.

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“Les Américains voudraient autoriser les multinationales à attaquer les Etats quand elles s’estiment discriminée. Par exemple, un fabricant de tabac américain pourrait attaquer la France s’il pense que nos lois sont désavantageuses pour lui. Cela se passerait devant un tribunal supranational et même pas devant un juge français”, précise Nicolas Barré.

Des avantages. L’Europe et les Etats-Unis, c’est la moitié de l’économie mondiale et 30% du commerce. Il y a donc des marges pour accroître les échanges. On peut le faire en réduisant les droits de douane, mais ils sont déjà très faibles, aux alentours de 3%. On peut surtout adopter des normes communes.

“Si on se met d’accord sur des normes américano-européennes dans l’industrie, les services financiers, le numérique, alors, elles deviendront de fait des normes mondiales. Elles s’imposeront à la Chine, à l’Inde, au Brésil. Ce serait un progrès gigantesque pour faciliter nos exportations”, professe l’éditorialiste d’Europe 1.

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