Trains autonomes : "Une vraie révolution", selon le patron d’Alstom

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Henri Poupart-Lafarge, patron d’Alstom, estime que le projet de la SNCF de trains automatisés, qui doivent circuler d’ici 2023, changera radicalement le monde du transport.

INTERVIEW

Les trains autonomes sont pour bientôt. La SNCF envisage de faire circuler des prototypes entièrement automatisés d’ici 2023, grâce à un partenariat l’associant notamment aux constructeurs ferroviaires Alstom et Bombardier. "Cela permet de faire circuler plus de train mais aussi d’économiser de l’énergie. Cela offre également une plus grande flexibilité : on peut décider au dernier moment d’ajouter un train par exemple. C’est une vraie révolution dans nos transports", a estimé Henri Poupart-Lafarge, patron d’Alstom, jeudi soir dans l’invité éco d’Emmanuel Duteil, sur Europe 1.

"Cela pose un tas de questions sur la sécurité". Henri Poupart-Lafarge a expliqué les difficultés de développer les trains autonomes, notamment pour des raisons de sécurité. "L’avenir est à l’autonomie. C’est une très bonne nouvelle. Nous travaillons depuis déjà quelques années sur les métros autonomes. Nous passons désormais à une nouvelle étape. Le métro est dans un univers limité et contraint. Le train est lui sur un univers ouvert, dans lequel il peut se passer énormément de choses. Cela pose un tas de questions à la fois de sécurité et d’anticipation, qui n’ont pas lieu d’être dans le métro", a-t-il détaillé.

Mais le patron d’Alstom a tenu à rassurer sur la sécurité de ces futurs trains. "Autonome ne veut pas dire forcément sans pilote. Il y a évidemment une surveillance de la voie. Si les sangliers doivent traverser la voix, le train les reconnaîtra", assure-t-il. "Industriellement, la porte s'ouvrira pour des trains autonomes à partir de 2025", a pronostiqué Pierre Izard, le directeur général délégué chargé des technologies ferroviaires à la SNCF.

Le train à l’hydrogène, "une première mondiale". Henri Poupart-Lafarge est également revenu sur les trains à hydrogène, produits par Alstom et dont le premier modèle sera mis en service ce week-end en Allemagne.  

"Le train à l’hydrogène est une première mondiale. L’environnement est au cœur de nos préoccupations. 50% des lignes aujourd’hui ne sont pas électrifiées. Il y a un enjeu très fort à trouver une alternative au diesel à ces lignes non-électrifiées. Le coût d’électrification est très élevé. Cela permet de ne pas polluer, et de diviser les coûts par 4. Le but est de ne pas polluer, mais aussi de diminuer fortement le degré d’émission de CO2".